Le soir, quand nous allons par les sentiers obscurs, Se lèvent devant nous nos formes blêmes.
Quand la soif nous saisit, Nous buvons les eaux pâles de l’étang, La douceur de notre triste enfance.
Las à mourir, nous reposons sous l’arche d’un sureau, Les yeux au vol des mouettes grises.
Des nuages de printemps montent sur la sombre ville Qui tait les temps plus illustres des moines.
Quand j’ai pris tes mains étroites dans les miennes, Tu ouvris doucement tes yeux immenses. Tout est passé depuis longtemps.
Mais quand l’âme est visitée d’une harmonie obscure Tu apparais à l’ami, toute blanche dans son paysage automnal.
Ruine
Au soir, quand les cloches sonnent la paix, Je suis les vols splendides des oiseaux Qui en longues troupes, pareilles aux pieux cortèges des pèlerins, S'évanouissent dans les lointains aux clartés d'automne.
Cheminant dans le jardin empli de crépuscule Je rêve à leurs destins plus clairs Et sens à peine encore l'aiguille des heures avancer. Ainsi je suis, au-delà des nuages, leurs voyages.
Alors me fait trembler un souffle de ruine. Le merle lamente dans les branches effeuillées. Chancelle la vigne rouge aux grillages rouilles,
Tandis que comme des rondes macabres d'enfants blêmes Autour de sombres margelles qui s'effritent, Frissonnant dans le vent des asters bleus se penchent.
Crépuscule et Déclin
Bleuâtre s'assombrit le printemps ; sous des arbres qui boivent, De l'obscur chemine dans le soir et le déclin, Épiant la douce plainte du merle. Muette, la nuit paraît, gibier qui saigne Et lentement sur la colline s'affaisse.
Dans l'air humide oscillent les rameaux en fleur du pommier, Se dénoue dans l'argent l'entrelacé Qui s'échappe mourant d'yeux de nuit ; chute d'étoiles ; Doux chant de l'enfance.
Plus visible, le dormeur descendit la noire forêt, Et se mit à bruire une source bleue dans le vallon, Au point qu'il leva doucement ses paupières blêmes Sur ce visage de neige ;
Et la lune chassa une bête rousse De sa caverne ; Et mourut en soupirs la sombre plainte des femmes. Plus radieux leva les mains vers son étoile L'étranger blanc ; Muet, un mort quitte la maison en ruine.
Ô la forme décomposée de l'homme : faite de métaux froids, De nuit et de la peur des forêts englouties Et de la sauvagerie, qui brûle, de l'animal ; Accalmie de l'âme.
Dans une barque noirâtre il descendit des fleuves étincelants, Pleins d'étoiles pourpres, et paisibles Tombèrent sur lui les branches reverdies, Pavot écoulé du nuage d'argent.
le chant de l'isolé
Calme obscur de l'enfance. Sous des frênes verdoyants Pâture la douceur d'un bleuâtre regard: repos d'or. Le parfum des violettes ravit une âme obscure: épis qui se balancent Dans le soir, semence et ombre d'or de la mélancolie. Le charpentier taille des poutres; dans la combe crépusculaire Le moulin tourne; dans les feuilles du noisetier se galbe une bouche pourpre, Virilité penchée rouge sur des eaux nocturnes. Il est léger l'automne, l'esprit de la forêt; un nuage d'or Suit le solitaire, l'ombre noire du descendant. Déclin dans la chambre de pierre; sous de vieux cyprès Les images nocturnes des larmes ont conflué en une source; Œil d'or des origines, patience obscure de la fin.
Georges Trakl - lithographie d'Hildegarde Jone - 1914
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Content de ta visite, ma chère Cerisette<br />
bon courage et beaucoup de joies et de bonheur<br />
pour toi et ceux que tu aimes<br />
bisous amicaux<br />
bien à toi<br />
jean-marie<br />
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K
KERFON
03/01/2009 13:02
Publier ! Oui...Mais pas n'importe où...J'en ai fait l'expérience...http://www.kerfon-le-celte.net/KERFON LE CELTEun homme à fables
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Bonjour, Kelfon...<br />
c'est pour moi aussi une découverte récente<br />
et j'aime aussi<br />
il y a dans l'oeuvre de Trakl des poèmes très différents<br />
et très durs, comme sa vie tourmentée<br />
que je publierai peut-être<br />
amicalement<br />
jean-marie<br />
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