petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours
petite goualante d'occasion...
Oyez ! Oyez ! gentils sires et belles damoiselles, pucelles et jouvenceaux, gentes dames et vieux barbons, nobles seigneurs et damoiseaux, francs compagnons et bons bourgeois, gais lurons, braves archers, rusés joncheurs, venez assister sans bourse délier à l'unique représentation moult éclectique et particulièrement hermétique de tableaux animés mettant en scène dans un paysage très horrifique de fort Grands Personnages de France et de Navarre...
La noble assistance est priée de respecter humblement l'anonymat des Grands Seigneurs et ne point tenter par violence indue et manifeste ou par toute autre manigance et manoeuvre dommageable de tenter d'ôter les masques des personnes désignées ci-avant. Ces choses étant dites afin d'éviter tout accident et navrement, meurtrissures corporelles ou fâcheuses afflictions car bien des participants contrairement aux apparences ne portent pas de masque ou bien encore par miraculeuse aventure ayant le masque collé à la peau...
Contrairement à ce que nous vous avions annoncé par erreur nous précisons que vous n'êtes point invités à assister mais que vous le devez. En cas de résistance, messires les chevaliers du guet sauraient vous y contraindre. En outre nous tenons à vous faire assavoir qu'en cours de séance, une quête aura lieu, quête à laquelle il y a obligation par édit dûment enregistré auprès du Parlement de notre bonne ville de donner votre obole puisée en votre bourse et calculée en fonction du contenu d'icelle sous le contrôle de messire l'Intendant et des gens de ses services.
D'un bout à l'autre...
refrain
Nous remuons la boue pour rien
c'est pas malin
et puis viendra la colère
farem tot petar*
à bas le fric à bas l'Etat
comme le disaient nos pères
c'est même pas un bout-rimé
mais
si je vous conte l'histoire
à boire
d'un très vaillant boutefeu,
élu des dieux
d'un sacré bougre
besogneux
magnifique boute-en-train
invité
chez le bourreau et sa bourelle
faudrait pas croire assister
à l'aventure
pure et dure
d'une farce intellectuelle
refrain...
il est en train
de façon très naturelle
de sodomiser
à grand bousin
ses cousins
le tourmenteur et sa femelle
pour inciter ces grands héros
à pousser d'autres barjos
à monter
sur leurs bourricots
pour d'aller
vers les prairies
à tondre à l'envi
de Navarre et de France
en transes
ils s'ébranlent
sur le tard
ils s'aiguisent
le dard
et s'en vont de ville en ville
rallumer les incendies
bout-à-bout
refrain
et nous chiens de bouseux
nous applaudissons
nous laissons faire
de toute façon
la casse nous payons
et nous l'avons
dans le baba
ça va pas
ça va pas très bien
chez les aimés des dieux
on commence à se faire vieux
à attendre quelque chose
à valdinguer sur les roses
à se faire mettre pour rien
on est tous dans le pétrin
refrain...
en sortir on aimerait
on préfèrerait
avoir la tranquillité
pour pouvoir le faire
sans guerre
notre pain
quotidien
ô galère
on est à bout
ils sont tabous
la vie est amère
mais ça bout
on n'est pas trop révolutionnaires
mais si y a rien d'autre à faire
farem tot petar
à bas le fric à bas l'Etat
et une pensée dans vos prières
si ça fait pas du bien
ça fait oublier la misère
puisqu'ils le disent les bons pères
amen
* De l'Occitan : nous ferons tout péter... Rassurez-vous amis comme moi versificateurs de pacotille ou poètes patentés, ça rime avec Etat petar se dit "péta"...
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