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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Incantations - L'oratoire


 

 

egorad1.jpg

 


 

A L... amicalement.
ce ne sont que des mots impuissants
venus en marchant
dans les rues dévastées
et ce n'est pas le vent
qui me les a dictés



L'oratoire

 

vers Saint Jacques en chemin
j'étais venu chercher une réponse
Mais c'est un couteau qui s'enfonce
et sont toujours vides mes mains

 

après le pont sur la rivière
on a vu des murs noircis
une blanche église la dernière
Mais ce n'est pas celle d'ici

 

l'autre est resté en arrière
au pays des sept cents enfers
Mais il n'y aura plus de prière
même s'il est debout le Christ en fer

 

malgré le coeur de Notre-Dame
la cloche a fondu brûlant les chairs
Mais y avait-il vraiment une âme
sous les uniformes verts

 

pas de paroles Mais des larmes
qui apaisent notre raison
qui étouffent les alarmes
Mais nul espoir à l'horizon

 

à la folie comme à la haine
il n'y a pas d'explication
pas de remède à notre peine
Mais le salut dans l'émotion

 

il part des bords de la Glane
Mais il est droit le chemin
de la force qui nous damne
vers l'Hiroshima lointain

 

Mais ici finit mon pélerinage
rien à comprendre, rien de caché
dans cette fureur sans âge
je ne veux donc plus rien chercher

 

Mais il y a plus fous que d'autres
a-t-on le droit sans lâcheté
de seulement se lamenter 
tous leurs crimes seraient les nôtres

 

 

 

 

egorad2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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É
<br /> <br /> Ton poème est très émouvant. Je n'ai jamais vu cette église où tant d'innocents ont été brûlés et sont morts dans d'horribles souffrances. Bisous<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br /> merci beaucoup, ma bien chère Brigitte,<br /> je suis très ému de voir que tu t'es penchée sur ce texte...<br /> il est très maladroit sans doute<br /> mais je n'ai jamais écrit dans de telles conditions<br /> en marchant, les yeux noyés de larmes...<br /> dans un silence terrible.<br /> je me croyais blasé,<br /> il n'en est rien...<br /> la peine est indicible !<br /> gros bisous d'amitié<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
F
Tu as reçu, tu transmets, je reçois, soupir, silence, recueillement.
Répondre
L
tu sais on ne peut pas faire grand-chose de plus que se recueillir tellement on est saisi par l'émotion sur place... transmettre cette émotion mais c'est difficile et j'ai hésité avant de m'y essayer mais il fallait que j'écrive...bises amicalesjean-marie
C
Que de pudeur et de retenue dans ce texte ! Tout en demi-teintes, la colère rentrée, exacerbée, mais contenue......Un beau morceau à la mémoire de ceux-là qui ont péri.Je t' embrasse et te souhaite une bonne nuit.P/S : tu aurais dû faire un lien sur cet article, car il mérite vraiment un crochet sur ton blog. Bisous :)
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L
merci, ma chère Clo...Ce texte je le portais en moi depuis plusieurs jours, depuis cette  "visite" mais je n'osais pas le publier. J'avais peur de ne pouvoir rendre compte de l'émotion qui m'a saisi dans ces vestiges. Pudeur et retenue, c'est ce qui domine sur place... aucune exploitation commerciale. Le silence et le vent qui parle pour les morts. Je n'avais ni explication ni leçon à donner... mais j'ai reçu...Je t'embrasse amicalementjean-marieP/S, ma chère Clo, un lien d'où, vers où ?  
A
Tu as raison on ne comprend pas on est sans voix, on a envie de hurler ! Moi , chaque mois de novembre je suis hantée par mon grand-père mort à Craonne ! Hier j'ai écrit un article en pensant à lui ! C'était pourtant un jeu d'écriture, je n'étais pas du tout partie pour ça et puis tout à coup, il était là et je pense en permanence à lui et à tous ces hommes au moment de sortir du trou de la tranchée !Bises !
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L
Bonsoir, ma chère Azalaïs...j'ai lu et admiré ton texte, il est magnifique et les dessins de ton grand-père sont très beaux. j'avais l'intention de laisser un commentaire... ton "merde à Nivelle" me plaît beaucoup... Dans les commentaires, il y a quelqu'un qui a très mal lu Brassens : si sa "guerre de 14-18" est une apologie de cette guerre, moi, je suis le pape... Si "Moi, mon colon, cell' que j'préfère,     C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!" n'est pas de l'ironie cinglante c'est que je n'y connais plus rien.Je crois qu'il y a un chant antimilitariste qui parle de Craonne... je te le retrouverai...Merci de t'être arrêtée sur mes quelques vers... Tu me fais un grand plaisir...Tu as très bien vu ce que j'ai essayé de dire... Je voulais comprendre et je n'ai pu que pleurer et je n'en ai pas honte... Je ne suis pas sûr d'avoir rendu dans ce texte l'émotion qui m'a saisi en ce lieu. Un silence terrible au milieu des ruines. La deuxième photo que j'ai publiée est une vue de l'église peu après le 10 juin...On ne peut raisonner devant l'horreur. La montrer, s'incliner c'est déjà la combattre...merci encoreje t'embrasse amicalementjoan-maria