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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Les arbres des poètes...





les arbres des poètes sétois

les arbres ils ont chanté
mes poètes sétoris
les arbres en majesté
Georges Brassens Paul Valéry

et chanté la ville
comme fidèle enfant
et le Mont Saint-Clair qui se profile
sur un ciel éclatant

dans l'île  singulière
ils passent leur dernier sommeil
chacun dans son cimetière
protégés du grand soleil

l'un par un tombeau de marbre
dans le cimetière marin
l'autre par son arbre
le fin cyprès ou le grand pin

jm







Tu penches, grand Platane, et te proposes nu,
            Blanc comme un jeune Scythe,
Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu
            Par la force du site.

Ombre retentissante en qui le même azur
            Qui t’emporte, s’apaise,
La noire mère astreint ce pied natal et pur
            À qui la fange pèse.

De ton front voyageur les vents ne veulent pas ;
            La terre tendre et sombre,
Ô Platane, jamais ne laissera d’un pas
            S’émerveiller ton ombre !
  
Ce front n’aura d´accès qu´aux degrés lumineux
            Où la sève l’exalte ;
Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les nœuds
            De l’éternelle halte !

Pressens autour de toi d´autres vivants liés
            Par l’hydre vénérable ;
Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers,
            De l’yeuse à l’érable,

Qui, par les morts saisis, les pieds échévelés
            Dans la confuse cendre,
Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés,
            Le cours léger descendre.

Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé,
            De quatre jeunes femmes,
Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé,
            Vêtus en vain de rames.
 
Ils vivent séparés, ils pleurent confondus
            Dans une seule absence,
Et leurs membres d´argent sont vainement fendus
            À leur douce naissance.

Quand l’âme lentement qu’ils expirent le soir
            Vers l’Aphrodite monte,
La vierge doit dans l’ombre, en silence, s’asseoir,
            Toute chaude de honte.

Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir
            À ce tendre présage
Qu’une présente chair tourne vers l’avenir
            Par un jeune visage…

Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux,
            Toi qui dans l’or les plonges,
Toi qui formes au jour le fantôme des maux
            Que le sommeil fait songes,

Haute profusion de feuilles, trouble fier
            Quand l’âpre tramontane
Sonne, au comble de l’or, l’azur du jeune hiver
            Sur tes harpes, Platane,

Ose gémir !… Il faut, ô souple chair du bois,
            Te tordre, te détordre,
Te plaindre sans rompre, et rendre aux vents la voix
            Qu’ils cherchent en désordre !
 
Flagelle-toi !… Parais l’impatient martyr
            Qui soi-même s’écorche,
Et dispute à la flamme impuissante à partir
            Ses retours vers la torche !

Afin que l’hymne monte aux oiseaux qui naîtront,
            Et que le pur de l’âme
Fasse frémir d’espoir les feuillages d’un tronc
            Qui rêve de la flamme,

Je t’ai choisi, puissant personnage d’un parc,
            Ivre de ton tangage,
Puisque le ciel t’exerce, et te presse, ô grand arc,
            De lui rendre un langage !

Ô qu’amoureusement des Dryades rival,
            Le seul poète puisse
Flatter ton corps poli comme il fait du Cheval
            L’ambitieuse cuisse !…

— Non, dit l’arbre. Il dit : Non ! par l’étincellement
            De sa tête superbe,
Que la tempête traite universellement
            
Comme elle fait une herbe !


paul valéry


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N
Jm n'a rien à envier à Paul Valéry ;-) bravo pour ces magnifiques poèmes pour un des thèmes de la semaine :-)
Répondre
J
<br /> bonsoir, chère Nessa...<br /> je suis confus de recevoir un tel compliment<br /> je me sens tout petit à côté de mes poètes sétois<br /> je suis fier si mes modestes écrits peuvent leur rendre hommage<br /> à bientôt<br /> amicalement à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
M
Bonsoir Jean Maire,Un instant agréable entre tes mots rendant hommage à ces poëtes grands d'ames et d'esprits bercer par Brassens et ses lignes toujours belles mélodiant de douces parodies. Et pour finir les mots de Paul Valéry que je découvre car je ne connaissais pas ce poème. L arbre : cycle de la vie, et éternel grand esprit.Merci pour ce partage amenant certaines réflexions.Bonne soirée à toiBises amicales et à bientôtMaïlyse
Répondre
J
<br /> Bonsoir Maïlyse,<br /> merci de ta visite<br /> et merci pour ton commentaire particulièrement agréable...<br /> ce sont de grands poètes, si différents,<br /> aimant la nature, la beauté et Sète, leur "île singulière"<br /> bises amicales<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
A
c'est un magnifique hommage à cet endroit si merveilleux! chaque fois que je passe à Sète, je vais y faire un tour, il y a toujours quelque chose à découvrir!je te fais un bise , je pense à toi même si je ne passe pas te voir régulièrement! cet été s'écoule si lentement mais si rapidement aussi avec un calendrier bien rempli, diverses animations occitanes dans les ruelles du vieil Albi (la première ce soir) dont une sur la chanson de la croisade pour commémorer le début de ces massacres atroces!ce matin je suis allée lire quelques extraits de Nomadas à radio Albigès et puis il y a aussi ma petite fille à occuper et toute la famille qui va arriver par la suite en pièces détachées! je n'ai pas trop le coeur à écrire, Over-blog et ses classements ridicules me fatigue de plus en plus! j'ai beaucoup râlé sur le forum et ils ont quand même enlevé leur smiley qui me disait tous les matins que j'étais nulle de chez nulle!et puis les blogueurs aussi m'horripilent avec leur comportements de gamins! non, pas envie d'écrire du tout!si tu passes dans le coin, surtout n'hésite pas à venir nous voir! nous avons reçu l'autre jours gelZy, une blogueuse qui écrit et qui chante accompagnée à l'orgue de barbarie par lo Pèire, son òme qui se fait appeler aussi "lo gabian"!la maison n'est pas grande mais notre coeur est grand!bises jean-marie
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J
<br /> coucou, ma chère Aza...<br /> je te remercie pour tes mots si gentils<br /> et ton invitation...<br /> je me rends compte que tu ne chômes pas !<br /> c'est bien, ce que tu fais, faire connaître notre histoire et notre région au passé si riche...<br /> moi aussi j'ai râlé contre ce classement ridicule et infantilisant... ce serait si facile de permettre de le consulter à la demande comme les statistiques !<br /> je pense à toi et tu me manques sur le web<br /> ce web si pauvre en cette période...<br /> je t'embrasse très amicalement<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
J
Bonjour cher Jean-MarieTrès beau texte, la lecture est toujours aussi agréable dans ta traversée...Quant au grand Georges, c'est précisément l'une de mes chansons préférées :-))Bonne soirée, bises amicales.
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J
<br /> bonjour, ma chère Joëlle,<br /> merci de ta visite<br /> et de ton gentil commentaire...<br /> gros bisous amicaux<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
C
tres beau texte c'est vrai que l'arbre est tellement magnifique qu'il inspire beaucoup de beaux textes merci pour ce bel article :-)
Répondre
J
<br /> Bonjour, Chaton...<br /> j'ai tardé à répondre à ton gentil commentaire<br /> mais je l'apprécie beaucoup<br /> bises amicales<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />