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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Incantations - Mi-figue, mi-raisin... ma Saint-Valentin




Peynet



j'ai déjà publié ce texte... plusieurs fois peut-être...
j'ai reçu des commentaires charmants que j'ai pieusement conservés.
ce soir j'ai tout simplement envie de célébrer la St Valentin à ma façon....





Passages


 J’eus de la chance dans ma vie,
la chance d'avoir rencontré des amis,
des compagnes, des compagnons
qui ont suscité en moi des sentiments confus,
forts, souvent inattendus
mais profonds...


Compagnes, compagnons ?
jusqu'à treize, peut-être quatorze ans,
cela m'était totalement indifférent.
J'ai eu des copains
qu'alors j'ai aimé bien
au-delà de la simple camaraderie,
de la pâle cajolerie.


Il m'en souvient,
ils étaient tous mignons,
ces gentils garçons,
et à cet âge, imberbes,
superbes,
légèrement efféminés.
Si leur fréquentation
provoquait
chez moi
de doux émois
je n'ai jamais pensé à autre chose
qu'à un échange
de vagues caresses et de tendres baisers


Et puis vinrent les filles, des voisines,
des cousines…
Pendant quelque temps
nos comportements
ne changèrent
guère
et puis, tout doucement
monta l'attrait du mystère...


Oh, je savais bien ce qu'il en était
de la différence anatomique
mais tout ce qui entourait
ce monde fantastique
bouleversait mon cœur,
me donnait le vertige,
que dis-je,
me faisait un peu peur...
Et puis les caresses
devinrent moins chastes,
plus enthousiastes
sans jamais  aller trop loin …



Il y a deux ou trois mots enfantins
que je ne peux m'empêcher
de répéter
sans cesse :
C'était doux et c'était tendre.
C’était doux et tendre
d’apprendre
ces folles caresses
qui nous laissaient pantelants
au bord du gouffre. C'était doux,
c'était tendre
ce moment
d’avant...


d’avant que tout bascule dans le dur désir,
et le violent plaisir.
Dans l’attente
et la recherche ardente
avant l'accomplissement.
Et ce moment
voluptueux à défaillir,
presque à en mourir,
j'aurai voulu le savourer,
le préserver
le plus longtemps possible.


C'est sans aucun doute
sur ma route
la joie indicible
de ma vie.
Quand je me  retourne aujourd'hui,
quand je revois cette existence
intense,
ces heures sublimes me font venir des larmes,
me désarment.


Le vrai bonheur n'est pas de flamme,
il n'est pas dans l'achèvement.
La perfection n'a pas d'âme.
Il est dans cette attente
chaude et haletante,
cette amoureuse amitié
qui se transforme, hélas, sans tarder,
qui s’altère
en fureur,
qui meurt
d’indécente  manière.


Mais pour la conserver
il faudrait rechercher
l'inaccessible amie,
celle d’une seule vie.
Qu'importent les détours,
et qu'importe l’amour,
la vérité est toute entière
dans la moiteur trop douce et trop amère.


C'est beau la retenue
mais qui peut résister à une fille nue
à l'ardente prière ?


Je disais mon bonheur, vois-tu,
il est dans la tendresse

il est dans la beauté de cet après-midi
où, couchés tous les deux dans l'herbe bien épaisse
nos corps avaient creusé un parfait petit nid.


Et la tendresse, hélas, bien sûr n'a pas suffi,
elles sont allées trop loin les si douces caresses...
Quand la sève est puissante, il n'est point de promesse
de ne pas dépasser ce qu'on croyait permis.


Puis l'amour est banal, ce n'est qu'une kermesse,
un jeu où l'on se brûle pendant que l'on grandit.
Mais nous saisit bientôt la profonde tristesse,
il va finir le temps qui nous fut imparti...


On voudrait retrouver  la seule gentillesse,
la foi et l'idéal sont à jamais enfuis...
On éprouve surtout une grande faiblesse,
les élans ne sont plus que vains jeux de l'esprit.


Autour ne nous s'ajoutent les détresses.
Chaque jour on apprend que quelqu'un est parti,
c'est un copain d'enfance, un frère ou un ami.
A la fin de la route il n'y a pas la sagesse...


On se moque de vous, et de votre tristesse
Souvent vous constatez que vous semez l’ennui
On prend votre lenteur pour la simple paresse…
Ce n’est qu’avec froideur qu’on vous donne un appui.


A la fin de la route il n'y a pas la sagesse.
Il n’y a plus désormais que ce que l’on vous dit :
« Vous êtes jeune encore, vous avez bien mûri,
L’âge ne compte pas, vous avez la noblesse »


Ils sont beaux du haut de leur printemps béni .
Vous êtes une ruine, qui tremble et qui s’affaisse
Et vous n’avez plus rien, et vous êtes maudit…
Vous constatez enfin que tout est accompli.


Partez donc, allez-y, elle est dite la messe !
Depuis toujours les dés du sort avaient trahi…
Mais on ne veut rien voir, au moins tant qu’on jouit...
Pour deviner il faut que la fin nous agresse…


et vous savez trop tard, que l'on vous a menti... 

 


                                                  
 
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C
J' ai relu ton texte 2 fois et les com aussi.L' évolution de l' Amour au fil du temps n' a cessé d' inspirer philosophes et poètes au fil du temps. Heureusement qu'il change autrement il deviendrait rapidement encombrant et ennuyeux.Quant à la viellesse et la mort, elles aussi font partie du même cycle de l' évolution. Y a pas tromperie. Ce sont tous les "jeunes sots" qui se gaussent en oubliant qu' un jour ... eux aussi .... et la boucle est bouclée
Répondre
J
<br /> oh, ma chère Clo, j'adore ton commentaire !<br /> je suis tellement heureux de te retrouver sur cette longueur d'onde<br /> il correspond si bien à ce que j'aurais voulu exprimer...<br /> dans le fond, je n'étais pas pessimiste et tu l'as bien vu<br /> simplement nostalgique<br /> gros bisous d'amitié<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br /> <br />
G
L'être humain a besoin d'aimer jusqu'au bout et les amours vieillissants sont aussi beaux et peut-être même davantage que ceux des jeunes gens.Merci pour ton gentil commentaire qui me va droit au coeur.
Répondre
J
<br /> Bonsoir, ma chère Gazou,<br /> comme c'est gentil à toi de me rendre visite à cette heure...<br /> et avec des mots si agréables.<br /> ton texte m'a beaucoup plu<br /> je te souhaite une très bonne nuit.<br /> bisous d'amitié<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
I
je ne sais si l'on nous a menti ....moi, j'ai tout bêtement envie de croire à MA vérité, en la matière.je sais qu'Amour ne rime pas toujours avec bonheur mais peu importe j'en accepte l'augure.douce soirée à vous poète.
Répondre
A
je savais bien trouver des mots d'amour chez toi, d'amour et de mélancolie aussi, le problème vois-tu  , il est justement dans ce mot si banal et si beau!chacun y met son mot, sa petite espérance, sa stupide définition, mais qu'en est-il au fond, existe-t-il vraiment et où se situe-t-il? le plus sage, je crois, c'est d'en attendre rien et de se voir surpris quand il vous donne un peu, beaucoup et m^me quand il prend!bises et bonne st Valentin!
Répondre
J
<br /> Oh, merci, ma bien Chère Azalaïs !<br /> quelle émotion à la lecture de tes mots !<br /> je me veux souvent réaliste et blasé mais je suis très sentimental...<br /> l'amour existe, j'en suis sûr mais je pense qu'il n'est pas unique...<br /> je crois qu'il prend tout au long de la vie des formes diverses... et ambiguës<br /> c'est un peu ce que j'ai essayé de dire entre autres réflexions...<br /> et je rejoins bien ton idée  : il faut se laisser surprendre et apprécier l'instant...<br /> en donnant ou en recevant... en partageant.<br /> Je m'exprime sans doute de façon confuse mais les mots une fois écrits ne m'appartiennent plus... chacun y voit ce qu'il veut...<br /> Peut-être même le fait de ressasser les regrets fait-il partie de l'amour ?<br /> comme la mélancolie<br /> je t'embrasse amicalement, ma chère Azalaïs.<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />