elle n'a pas de nom je n'ai pas son portrait elle est restée la même en traversant l'Histoire mon esprit recréant ce que le temps défait garde précieusement ces rêves en mémoire et je l'ai rencontrée à chacun des tournants qu'évoquaient devant moi les prêtres et les sages elle était là bien sûr au début des voyages de cette humanité à travers les tourments je la vois au dessus des pages de la Bible visage souriant en face des combats des mâles enragés de ce conte terrible apaisant d'un seul un mot d'inutiles débats dans les fables de Grèce et la gloire de Rome délicate et splendide elle était toujours là d'un regard étouffant la colère de l'homme cette femme savait voyant bien au-delà puis elle a pu survivre à l'époque sauvage à peine protégée par de fragiles toits et dans tout ce qu'on doit appeler Moyen Age Ma Dame est reine en Cour de Fol Amour Courtois mais Ma Dame n'est pas une grande héroïne elle est tout à la fois la bergère illettrée la guerrière s'il faut tout de fer accoutrée et la femme savante en poésie divine elle est belle je crois et je dirai plutôt qu'elle est tendre et jolie mais surtout avenante au cœur si généreux sans le moindre défaut une image sublime une femme envoûtante mais Ma Dame n'est pas qu'un mirage subtil l'image est dans mon cœur et j'ai cru reconnaître sous les coups du hasard notre souverain maître dans certains êtres chers son aimable profil si j'ai fait maintes fois cette rencontre amère Ma Dame je ne n'ai pu vous garder bien longtemps aujourd'hui, je le sais ce n'est plus un mystère jamais je ne vous ai méritée sûrement au moment de partir je ne crois plus grand-chose dans cette confusion je ne dirai plus rien de ces tristes échecs je soupçonne la cause de l'idéal perdu le banal quotidien
Dame Clémence Isaure par J. Lefebvre
correctif éventuel :
mais Ma Dame n'est pas une grande héroïne
et bergère ignorante elle est tout à la fois
guerrière s'il le faut pour défendre nos rois
une femme savante en poésie divine
au moment de partir je ne sais plus grand-chose
dans cette confusion je ne dirai plus rien
de ces tristes échecs je soupçonne la cause
de l'idéal perdu le banal quotidien