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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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J'aime les poèmes des autres - Ces poètes qu'on assassine...


J'ai déjà publié cet article, il y a pas mal de temps... (pour plus de renseignements sur Brasillach et son procès voir :

http://www.passage1.com/article-6134695.html


depuis quelques jours, autour de moi, on parle beaucoup de la peine de mort.

et de poésie, évidemment...
je ne change pas grand-chose  à ce texte.
j'ai ajouté quelques noms... 

 

 

 


Sacrilège, 
Federico Garcia Lorca et Robert Brasillach !
ensemble !
beaucoup ne pardonneront pas un tel rapprochement,
ni d'un côté ni de l'autre...
Difficile d'imaginer opposition plus grande, dans la vie, dans les idées, dans la mort...
Dans la mort ?

 

tribunal "officiel" pour l'un,  traquenard pour l'autre...
Pour moi dans les deux cas, tribunaux de coin de bois...


Et pourtant
ils sont aussi tous deux
 

des poètes qu'on assassine
... (d'après un vers de Jean Ferrat)



quelques extraits de leurs derniers écrits...



 

 



...Voici le temps d'André Chénier...

Debout sur le lourd tombereau,
A travers Paris surchauffé,
Au front la pâleur des cachots,
Au coeur le dernier chant d'Orphée,
Tu t'en allais vers l'échafaud,
O mon frère au col dégrafé !...

...Et ceux que l'on mène au poteau

Dans le petit matin glacé, 
Au front la pâleur des cachots, 
Au coeur le dernier chant d'Orphée, 
Tu leur tends la main sans un mot, 
O mon frère au col dégrafé...



Robert Brasillach (1919-1936 - Poèmes de Fresnes - Chant pour André Chénier )

 


~~~~~~~~~~

 





                   

...Prairie mortelle de lunes
et de sang sous la terre
Prairie de vieux sang.
Lumière d'hier et de demain.
Ciel mortel d'herbe.
Lumière et nuit de sable.
J'ai rencontré la mort.
Prairie mortelle de terre.
Une mort petite...

 

Federico Garcia Lorca (1898-1936)

 


~~~~~~~~~~

                      


Mon pays m'a fait mal par ses fosses creusées
Par ses fusils levés à l'épaule des frères,
Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
Le prix des reniements au plus juste salaire.

Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par ceux d'aujourd'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal. Quand sera-t-il guéri ?

 

Robert Brasillach

 


~~~~~~~~~~

                            

 

Ce n’est pas possible ! Lâches !
Qui ordonne dans cette Espagne
de telles vilenies ?
Quel crime ai-je commis ?
Pourquoi me tuez-vous ?
Où est la raison de la justice ?

 

 

 

 

Federico Garcia Lorca



~~~~~~~~~~

                         


Bijoux

Je n'ai jamais eu de bijoux,
Ni bagues, ni chaînes aux poignets,
Ce sont choses mal vues chez nous
Mais on m'a mis la chaîne aux pieds.

On dit que ce n'est pas viril,
Les bijoux sont faits pour les filles
Aujourd'hui comment se fait-il
Qu'on m'a mis la chaîne aux chevilles ?

Il faut connaître toute chose,
Être curieux du nouveau
Étrange est l'habit qu'on m'impose
Et bizarre le double anneau.

Le mur est froid, la soupe est maigre,
Mais je marche, ma foi, très fier,
Tout résonnant comme un roi nègre,
Paré de ses bijoux de fer.

 


Robert Brasillach


 ~~~~~~~~~~

                                               


El Crimen fué en Granada


On le vit marchant entre des fusils  
Par une longue rue  
Qui donnait sur la campagne froide  
de l'aube, encore sous les étoiles.


Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El peloton de verdugos
no oso mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos ;
Rezaron : ni Dios te salva !

  
Ils tuèrent Federico  
Alors que pointait la lumière.  
Le peloton de bourreaux  
N'osa pas le regarder au visage.  
Tous fermèrent les yeux ;  
Ils prièrent...Dieu lui-même ne te sauverait pas... 
 
Federico tomba mort  
du sang sur le front, du plomb dans les entrailles -  
... C'est à Grenade que le crime eut lieu,  
Vous savez - pauvre Grenade ! - dans sa Grenade !  

On les vit s'éloigner... 
Taillez, amis, 
Dans la pierre et le rêve, à l'Alhambra, 
Une tombe au poète, 
Sur une fontaine, où l'eau pleure, 
et, éternellement dise : 
Le crime eut lieu à Grenade ... dans sa Grenade !

 


Antonio Machado (1898-1939)

 

 

Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours.
(Louis Aragon)

~~~~~~~~~~


Et puis il y a Léo Ferré chantant "l'Affiche rouge", poème d'Aragon écrit à partir  de la dernière lettre du poète arménien Manouchian...















 

 

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O
Bonsoir Jean-Marie,Merci pour ces poèmes, ils donnent à réfléchir.  Ils remuent en moi bien des choses, me font penser que priver un homme de sa liberté, c'est toute notre humanité qui échoue...  Cela ne me laisse pas indifférente.Cordialement,Onatha.
Répondre
L
<br /> Bonsoir, chère Onatha...<br /> merci pour ta visite et ton commentaire<br /> je suis content que ces textes t'aient plu<br /> à bientôt<br /> bises amicales<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
V
Bonsoir J-M, ne t'inquiètes pas, je fais attention, maintenant je ne contrôle pas tout les éléments, je ferai ce que je peux pour rester à cheval ;-)BisesVal
Répondre
L
<br /> Bonsoir, ma chère Val...<br /> bien sûr que je m'inquiète un peu !<br /> j'ai confiance en tes qualités de cavalière<br /> mais comme tu le dis, il y a les impondérables...<br /> mais toutes les activités présentent des aspects dangereux et comme c'est ta passion !<br /> ...profites-en bien...<br /> et je te souhaite de remporter beaucoup de lauriers<br /> je t'embrasse très amicalement<br /> bien à toi<br /> jm<br /> <br /> <br />
F
Encore un peu violent pour une convalescente dans mon genre. Je réagirai plus intelligemment un peu plus tard. Je t'embrasse
Répondre
L
<br /> bonsoir, ma chère France...<br /> Convalescente ?<br /> j'espère que tu vas mieux, que tu récupères...<br /> je viens d'aller chez toi admirer Barbara !<br /> quelle grande Dame !<br /> je reviendrai tout à l'heure lire tes beaux textes<br /> je t'embrasse amicalement<br /> bien à toi<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />
V
Bonjour J-M,on en apprend toujours en venant chez toi, c'est ça que j'aime ici...ne changes surtout pas ;-)Bises et bonne journéeVal
Répondre
L
<br /> Bonjour, ma chère Val,<br /> merci pour ta visite et ton commentaire<br /> je suis allé me promener chez toi et j'aime beaucoup ta façon de présenter ta grande passion...<br /> les images sont belles.<br /> mais surtout fais bien attention à toi !<br /> je t'embrasse amicalement<br /> jm<br /> <br /> <br />
M
Beau choix de textesLorca est un de mespoètes préférés; je connaissais aussi ce texte de Machado.Il va falloir que j'édite mon article Peine de mort au Japon our ajouter le lien vers cette page. Je prends la emps d ele faire tout de suite, sinon je risque d'oublier en croyant l'avoir déjà fait.Bises, bonne journée.
Répondre
L
<br /> Bonjour et merci, ma chère Mimisan...<br /> je suis heureux que cette page te plaise.<br /> j'aime moi aussi la Poésie de Federico Garcia Lorca...<br /> il y a un film espagnol sur ses derniers jours, politiquement engagé, bien sûr, qui est vraiment bouleversant... mais je ne sais trop comment le retrouver<br /> à bientôt<br /> je t'embrasse amicalement<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />