Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

Publicité

J'aime les livres des autres-"La chute de John R" de B.Eisler

 

undefined

 

J'aime le roman policier américain... je dis policier faute d'autre terme approprié... j'aime le Japon, j'aime le Judo...
Ces deux dernières amours sont des impasses, je le crains, comme quelques autres...
Je ne sais si j'irai un jour au Japon...
Le judo, c'est du passé... je l'ai connu un peu étant enfant et je n'ai pu m'y mettre que vers la quarantaine... je m'y suis appliqué et j'ai acquis un peu de technique... mais à cet âge-là, seul l'entraînement est possible et je n'ai guère de persévérance... maintenant il est évidemment bien trop tard... ce n'est qu'un amour platonique
Ce soir j'ai voulu placer côte à côte ces trois passions...
Le roman policier américain, d'abord...
je viens de lire, de relire plutôt, l'ouvrage de Barry Eisler "La chute de John R."
Le héros, John Rain, se présente lui-même comme un ainoko, de son véritable nom Junichi Fujiwara, un métis né d'un père japonais et d'une mère américaine.
Il est revenu au Japon après avoir passé sa jeunesse aux Etats-Unis. Il s'est engagé dans l'Armée américaine, a combattu au Vietnam dans les forces spéciales et a été recruté par la CIA. Au Japon il accomplit quelques missions pour le compte de l'Agence... Puis, en quelque sorte, se met en partie "à son compte" en tant que tueur à gages... le plus souvent au service du parti politique au pouvoir...

Les passages du chapitre que je vais présenter réunissent les deux autres éléments... Le judo et quelques aspects de l'histoire du Japon...

C'est pour moi, sinon un poème, un texte qui me parle...

 

"... Pour l'heure, cependant, la perspective d'une nuit avec Keiko  Chan m'apparaissait étrangement déprimante. Un peu de sport, alors ? Je décidai de me rendre au Kodokan, l'un des endroits où je pratiquais le judo.
Le Kodokan, ou «école pour l'étude de la Voie », fut fondé en 1882 par Jigoro Kano, le créateur du judo moderne. Étudiant de diverses écoles d'escrime et de combat à mains nues, Kano mit au point un système de combat fondé sur le principe d'une efficacité maximale dans l'utilisation de l'énergie physique et mentale. En gros, le judo est à la lutte occidentale ce que le karaté est à la boxe. C'est un système non pas de coups de poing et de pied, mais de projections et d'immobilisations, qui se distingue par un arsenal de techniques de clés brutales aux articulations et d'étranglements mortels.
Judo signifie littéralement la  "manière douce" ou la "façon de donner" . Je me demande ce que Kano penserait de mon interprétation...

 


 

undefined

 

 

 


Aujourd'hui, le Kodokan se trouve dans un immeuble moderne et simple de huit étages, à Bunkyo-ku, au sud-ouest du parc d'Ueno, à quelques kilomètres de mon quartier. Je me changeai dans un vestiaire puis me rendis au daidojo, la salle d'entraînement, où l'équipe de l'université de Tokyo était en visite. Je réussis facilement à déséquilibrer mon premier adversaire et le poussai à frapper, à la suite d'un étranglement. Ensuite, tous s'alignèrent pour affronter le combattant chevronné que j'étais, mais leur jeunesse et leur fougue n'étaient pas à la hauteur de l'expérience et de la ruse. Au bout d'une demi-heure de randori, je sortais encore régulièrement vainqueur, surtout au sol.
Plusieurs fois, en reprenant la position du hajime, je remarquai un kurobi japonais, une ceinture noire, qui s'étirait dans un coin du tatami. Sa ceinture était très usée et plus grise que noire. Il la portait manifestement depuis de nombreuses années. Difficile de lui donner un âge. Il avait les cheveux fournis et noirs, mais son visage été strié de ces rides que j'associe au passage des ans et à une certaine expérience de la vie. Il se déplaçait comme un jeune, en tout cas, et effectuait le grand écart sans difficulté apparente. Je sentis qu'il m'observait, même si je ne le vis pas regarder dans ma direction.
Comme il me fallait marquer une pause, je présentai mes excuses aux étudiants qui attendaient de se mesurer à moi. Cela me faisait du bien de battre des judokas deux fois plus jeunes que moi, et je me demandais pendant combien de temps encore j'y arriverais.
Je gagnai le bord du tapis et, tout en m'étirant, j'observai le type à la ceinture usée. Il travaillait ses harai-goshi avec un étudiant, un gosse trapu aux cheveux en brosse. Son attaque était si puissante qu'il fit grimacer le jeune homme à plusieurs reprises au moment où leurs torses se rencontrèrent.
Il termina et remercia le gosse, puis me rejoignit.
- Vous accepteriez une série de randori avec moi ? proposa-t-il dans un anglais où perçait une pointe d'accent.
Je croisai un regard intense, une mâchoire volontaire, que son sourire n'adoucissait pas. J'avais raison, il m'avait observé, même si je ne l'avais pas vu faire. Avait-il repéré mes traits occidentaux? Peut-être voulait-il me soumettre au test du gaijin. Même si, d'après mon expérience, c'était un jeu auquel se livraient les judokas plus jeunes. Et son anglais, du moins sa prononciation, était excellent. Cela aussi, c'était bizarre. Les Japonais les plus xénophobes sont en général ceux qui ont le moins d'expérience avec les étrangers, et leur anglais reflète cette absence de contact.
- Ei, tanoshimi desu, répondis-je. Avec plaisir.
Cela m'agaçait qu'il se soit adressé à moi en anglais; je m'en tins donc au japonais.
- Nihongo dekimasu ka ? Vous parlez japonais?
- Ei, mochiron. Nihonjin desu yo, répondit-il, indigné. Bien sûr que oui. Je suis japonais.
- Kore wa shitsure : shimashitu. Watashi mo. Da kedo, hatsuon ga, a mari migoto datta no de... Je suis désolé. Mais votre accent était si parfait que... Il se mit à rire.
- Le vôtre aussi. Je suppose que votre judo ne l'est pas moins.
Tout en s'évertuant à me parler anglais, il évitait de devoir admettre la vérité de son compliment.
J'étais toujours agacé, méfiant. Je parle japonais comme un autochtone, de même que l'anglais. Alors le moindre compliment sur ma compétence dans ces langues est en soi une insulte. Et je voulais savoir pourquoi il partait du principe que j'étais anglophone... "

 

 

 

 

undefined

 

 

 

 

" La chute de John R"  (Rain fall), roman de Barry Eisler aux Editions Belfond - 2003
  traduction d' Elisabeth Luc 2003
 

 

à suivre


 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Bonjour^^Et bien cela me donne envie de le lire ce livre^^J'aime le japon et les intrgues policiére en genérale^^Le judo? je suis un peu fâchée avec le sport en generale^^bonne fin de journée
Répondre
L
bonjour, ma chère Mano...merci de ta visite...c'est un roman policier un peu particulier parce qu'il s'intéresse à bien des aspects de la vie au JaponIl y est pas mal question de jazz aussi...quant au judo, ce n'est pas l'aspect purement sportif (ou pire de compétition)  qui m'a toujours attiré mais ses régles de comportement, de vie...bonne soirée et bon courage si tu travailles ce soir...je t'embrasse amicalementjean-marie