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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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J'aime... "Les lunettes" - Conte de Jean de La Fontaine

Les Contes de La Fontaine... 
Que de souvenirs...
Je me rappelle... je les avais  cités, j'avais cité le titre simplement, dans une "dissertation" chez les Bons Pères et je me suis attiré une verte réprimande...
Ce sont histoires grivoises mais écrites par La Fontaine et illustrées par Fragonard,
dans une langue peut-être un peu difficile pour nous, mais tellement savoureuses !
Je ne publie que des extraits... si vous y tenez, je donnerai les liens vers le texte intégral...


Il y a une suite... la punition du damoiseau...

 

 

 

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gravure de Martial d'après Fragonard 

 

 

LES LUNETTES...

 



Jadis s'était introduit un blondin
Chez des nonnains à titre de fillette.
Il n'avait pas quinze ans que tout ne fût :
Dont le galant passa pour soeur Colette
Auparavant que la barbe lui crût.
Cet entre-temps ne fut sans fruit ; le sire
L’employa bien : Agnès en profita.
Las quel profit ! j'eusse mieux fait de dire
Qu'à soeur Agnès malheur en arriva.
Il lui fallut élargir sa ceinture ;
Puis mettre au jour petite créature,
Qui ressemblait comme deux gouttes d'eau,
Ce dit l’histoire, à la soeur jouvenceau.
Voilà scandale et bruit dans l'abbaye.
D'où cet enfant est-il plu ? comme a-t-on,
Disaient les sœurs en riant, je vous prie,
Trouvé céans ce petit champignon ?
Si ne s'est-il après tout fait lui-même.
La prieure est en un courroux extrême.
Avoir ainsi souillé cette maison !
Bientôt on mit l'accouchée en prison.
Puis il fallut faire enquête du père.
Comment est-il entré ? comment sorti ?
Les murs sont hauts, antique la tourière,
Double la grille, et le tour très petit.
Serait-ce point quelque garçon en fille ?
Dit la prieure, et parmi nos brebis
N'aurions-nous point sous de trompeurs habits
Un jeune loup ? Sus qu'on se déshabille :
Je veux savoir la vérité du cas.
Qui fut bien pris, ce fut la feinte ouaille.
Plus son esprit à songer se travaille,
Moins il espère échapper d'un tel pas.
Nécessite mère de stratagème
Lui fit. . . eh bien ? lui fit en ce moment
Lier...: eh quoi ? foin, je suis court moi-même :
Ou prendre un mot qui dise honnêtement
Ce que lia le père de l'enfant ?
Comment trouver un détour suffisant
Pour cet endroit ?
...
Il est facile à présent qu'on devine
Ce que lia notre jeune imprudent ;
C'est ce surplus, ce reste de machine,
Bout de lacet aux hommes excédant.
D'un brin de fil il l'attacha de sorte
Que tout semblait aussi plat qu'aux nonnains :
Mais fil ou soie, il n’est bride assez forte
Pour contenir ce que bientôt je crains
Qui ne s’échappe ; amenez-moi des saints ;
Amenez-moi si vous voulez des anges ;
Je les tiendrai créatures étranges,
Si vingt nonnains telles qu'on les vit lors
Ne font trouver à leur esprit un corps.
J'entends nonnains ayant tous les trésors
De ces trois sœurs dont la fille de l’onde
Se fait servir ; chiches et fiers appas,
Que le soleil ne voit qu'au nouveau monde ,
Car celui-ci ne les lui montre pas.
La prieure a sur son nez des lunettes,
Pour ne juger du cas légèrement.
Tout à l'entour sont debout vingt nonnettes,
En un habit que vraisemblablement
N'avaient pas fait les tailleurs du couvent.
Figurez-vous la question qu'au sire
On donna lors ; besoin n'est de le dire.
Touffes de lis, proportion du corps,
Secrets appas, embonpoint, et peau fine,
Fermes tétons, et semblables ressorts
Eurent bientôt fait jouer la machine.
Elle échappa, rompit le fil d'un coup,
Comme un coursier qui romprait son licou,
Et sauta droit au nez de la prieure,
Faisant voler lunettes tout à l’heure
Jusqu'au plancher.
Il s'en fallut bien peu
Que l'on ne vît tomber la lunetière.

 

 

 

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portrait de La Fontaine - gravure d'après Hyacinthe Rigaud

 

 

Jean de Lafontaine 1621-1695

 

Epitaphe de Mr de la Fontaine
Faites par luy-même

 
 Jean s'en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds après son revenu,
Croyant le bien chose peu nécessaire.
Quant à son temps bien sut le dispenser,
Deux part en fit, dont il soulait passer,
L'une à dormir, & l'autre à ne rien faire.

 


et voici ce qu'il nous dit de ses Contes...

 

 

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Nuls traits à découvert n'auront ici de place ;
Tout y sera voilé ; mais de gaze ; et si bien,
Que je crois qu'on n'en perdra rien.
Qui pense finement et s'exprime avec grâce,
Fait tout passer ; car tout passe :
Je l'ai cent fois éprouvé :
Quand le mot est bien trouvé,
Le sexe, en sa faveur, à la chose pardonne ;
Ce n'est plus elle alors, c’est elle encor pourtant :
Vous ne faites rougir personne,
Et tout le monde vous entend.

 

Jean de La Fontaine (Le Tableau)

 



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C
Fragonard et La Fontaine se complétant pour un bréviaire des carabins expurgé, voilà quelque chose que j' ignorais.Quelle surprise ! et bonne surprise !Pas vraiment facile à lire, mais quel régal ! Merci mon cher Jean-Marie pour cet instant de drôlerie ;-)Bises et bonne journée :0010:
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L
Bonjour, ma chère Clo...pas eu beaucoup de réactions à ce texte... je n'aime pas la facilité mais je persiste... et  je suis  particulièrement heureux que tu l'apprécies !m'étonne pas d'ailleurs...je publierai peut-être la suiteje t'embrasse amicalementbien à toijean-marie  
F
Vrai que ce n'est pas simple à lire, mais il a ce ton si mutin et en même temps bien pincé, je trouve ça digne d'un grand humoriste ! J'avis déjà lu un autre écrit de lui que ses Fables si connues, je me demande d'ailleurs si ce n'était pas chez toi...En tous cas, merci de cette plaisante leçon de litterature ;-)
Répondre
L
Bonsoir, ma chère Frederianne...très content que ça te plaise !il y a de petites merveilles dans ces Contes mais elle ne sont pas toujours faciles à découvrir...j'ai un ouvrage  "fac-similé" d'une édition du XVIIIème siècle avec toutes les gravures d'après Fragonard, c'est très beau.tu sais, je ne cherche qu'à publier ce qui me plaît en espérant que ça plaira aux ami(e)sje t'embrasse amicalementjean-marie