petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours
Un couple de retraités vit dans la grande maison à l'entrée de la petite ville.
Un belle maison achetée dès qu'ils ont décidé de venir dans le Midi.
Ils étaient tous deux ce que l'on peut appeler des Cadres Supérieurs. Ils ont des revenus confortables et passent pour riches...
La vie serait belle si leur fille divorcée, Maryse, ne leur posait pas de sérieux problèmes. Pas elle, précisément mais son fils de 18 ans, Jean-Pierre, leur petit-fils.
La mère avoue candidement qu'elle ne peut " rien en faire".
Maryse et Jean-Pierre, qui se fait appeler volontiers John ou même Jack, vivent au chef-lieu du département à une cinquantaine de kilomètres de la résidence des grands-parents.
Le jeune homme a déjà eu pas mal d'ennuis avec la police et la justice... vol de voiture, accidents multiples, bagarres, consommation et tentative de revente de marijuana...
Le grand-père qui a gardé de nombreux contacts dans tous les milieux est intervenu chaque fois.
Les grands-parents sont désespérés. Par la conduite de leur petit-fils, bien sûr, mais aussi et surtout par la solitude, la détresse morale de leur fille. Ils pensent en réalité "sa faiblesse". Ils se font d'amers reproches, leur profession ne leur laissait guère le temps de s'occuper sérieusement de son éducation... Une fille gâtée qui n'a jamais acquis le sens des responsabilités.
Ils ne voient Jean-Pierre que très rarement et quand il vient, c'est surtout pour quémander quelque argent. Ils cèdent le plus souvent mais pour le jeune homme ce qu'ils donnent semble très toujours insuffisant. Ils ne recoivent jamais le moindre remerciement.
A la fin de l'année, avant les fêtes ils savent qu'ils auront sa visite. Ses besoins sont grands en ce moment de l'année.
Il arrive en effet à la tombée de la nuit. Il n'est pas seul. Une jeune fille l'accompagne. Une jeune fille d'un genre que les grands parents n'apprécient guère, maquillage outrancier, arborant de nombreux "piercings", débraillée, parlant haut et fort, fumant beaucoup.
Les jeunes gens sont arrivés dans sa voiture. Ils paraissent tout deux fort excités, gênant le voisinage en klaxonnant, en poussant à fond le son de la chaîne installée à bord du véhicule, portes ouvertes. Ils hurlent et se chamaillent violemment. Ce bruit va durer une bonne partie de la soirée.
Au matin, la voiture a disparu. Le calme est revenu près de la grande maison.
Le calme, trop de calme... pendant trois jours la maison reste silencieuse et fermée. Quelques voisins commencent à s'inquiéter. les propriétaires sont-ils partis avec Jean-Pierre chez leur fille ? ce serait fort surprenant car ils n'en ont parlé à personne et ce n'est pas dans leurs habitudes.
Les relations les plus proches sont au courant de la situation.
Quelqu'un se décide enfin à prévenir le maire et la gendarmerie. La porte forcée, le spectacle que l'on découvre dépasse l'imagination... Tout est dévasté, détruit,
Tous les meubles et le modeste coffre sont fracturés. Dans le sous-sol les pompiers découvrent les grands-parents visiblement torturés à mort. Et cette mort n'est pas venue rapidement dira le médecin légiste...
Jean-Pierre et sa complice ne vont pas tarder à être localisés puisqu'ils ont utilisé bêtement une des cartes bancaires dérobées. Arrêtés, ils avouent sans difficulté et sans manifester le moindre remords. Ils sont encore sous l'emprise d'une drogue quelconque.
L'affaire fait grand bruit dans la région
Maryse ne veut pas habiter la maison où ses parents sont morts d'aussi terrible manière et la met en vente.
Contrairement à toute attente, cette vente se fait rapidement.
Un jeune couple avec un enfant en bas âge s'installe bientôt. Ils sont sympathiques mais personne n'ose vraiment poser la question qui intrigue... On s'interroge... Sont-ils au courant de la tragique histoire de la maison dans laquelle ils vivent ? Certains en ont un frisson d'horreur. "A leur place, moi..."
On suppose qu'ils la connaissent, très certainement... les médias, la presse, il est vrai que ces gens-là viennent de loin, l'agent immobilier, le notaire... Les nouveaux venus doivent avoir fait une bonne affaire financière... un belle maison non pas vraiment bradée mais offerte à un prix fort raisonnable pour la région.
Ils ont l'air de s'adapter parfaitement à leur nouvel environnement...
Les mois passent, ils s'arrêtent moins souvent pour parler aux voisins. Puis plus du tout. Leurs promenades les conduisent plus loin, hors du quartier, hors de la ville. Puis un jour un camion de déménagement arrive. Un panneau annonçant la mise en vente est accroché aux grilles.
La maison va rester fermée plus d'un an.
Bien des rumeurs circulent et l'on entend même parfois vaguement parler de maison hantée... Il y en a, paraît-il, pas mal dans le coin et ce sont toujours des maisons que l'on rattache à des affaires plus ou moins anciennes de crimes atroces.
De nouveaux arrivants viennent enfin habiter la grande maison...
à suivre...