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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Incantations - Vacances...

 


Vacances...

 

Dans la mare aux canards de ma tante Julia
Il y avait de la boue mais aussi mon enfance.
C'est chez elle souvent que j'allais en vacances,
Près de là que j'aimai  ma cousine Clara.

 

Son père, un émigré de la pieuse Russie,
Etait plein de rancoeur contre les bolcheviques.
Il ressentait pour eux une haine mystique.
Ils ont tué son frère et ravagé sa vie.

 


Il était bel homme, mince et grand, l'oncle Pierre,
Cosaque de la garde auprès de Nicolas,
L'empereur autocrate, un prince mais un père,
Avec tous ses enfants, massacré sans éclat.

 


Un sombre  assassinat... Les vaincus ne sont guère
Un danger menaçant mais les Révolutions
Rejetteront toujours la moindre compassion,
Enivrées de pouvoir, de fureur sanguinaire.

 

Pierre était l'homme bon qui n'a pu pardonner.
Il n'a jamais voulu enseigner cette langue
Du vieux pays maudit, de sa Russie exsangue.
A ses enfants d'ici, il n'a rien su donner.

 

Ils ont abandonné l'espoir d'aimer leur père.
Ils en étaient fâchés et ma tante Julia
Priait en vain les saints. Ma cousine Clara,
Des trois soeurs si jolies, était la plus amère.

 

Ce fut cette année-là que je la vis changer.
Et je compris bientôt que des joies enfantines
Le temps était passé. Le regard  échangé
Fut bien moins innocent et son humeur chagrine.

 

Quand elle vint à moi, me parler du départ
A la fin du mois d'août vers la ville lointaine
Elle pleura beaucoup me dit son désespoir
De quitter pour longtemps ce beau coin de Cévenne.

 

Elle se rapprocha,  mon corps en fut ému.
Elle devint soudain si tendre, si câline,
Que je mis un baiser sur sa bouche coquine...
Mon âme était saisie d'un élan inconnu.

 

Et depuis ce jour-là, cachés près de la mare,
Notre coeur s'embrasa sous les jeux de l'amour,
Sous les gestes ardents  presque jusqu'à nuit noire,
Mais pour aller plus loin nous hésitions toujours.

 

Les caresses un soir devinrent plus précises
A un certain  plaisir nous sommes parvenus,
Nous étions abrités et nos corps presque nus
Nous poussaient au-delà des limites exquises.

 

Ma jeunesse imbécile aurait franchi le pas
Mais Clara ma cousine était déjà certaine
Malgré ma déception, ma douleur, et ma peine
De ne pas accorder autre chose que ça.

 

Elle ne céda pas, oubliant la charmille,
Nos amours prirent fin puis ce fut le départ.
Elle évita longtemps les fêtes de famille.
Aujourd'hui nous avons de bien tendres regards

 

Quand nous nous rencontrons. Une amitié sereine
Constate les dégâts infligés par le temps
Et regrettant tout bas notre joie souveraine,
Par jeu nous inventons un destin différent...
 

 

 

 

 

 

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A
Ce que je ne comprendrai jamais, c'est pourquoi les garçons n'ont jamais les mêmes souvenirs que les filles ! Le seul souvenir de ce genre que j'aie, c'est quand les garçons me faisaient faire pipi dans les trous des grillons pour les faire sortir ! Très Freudien quand je me relis " faire sortir le grillon" mais pas du tout poétique ! :0002:
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L
bonsoir, ma chère Azalaïs...très spirituelle ta remarque...Pourquoi ? du moins en ce qui concerne la période dont il est question dans le récit, certainement parce que l'âge de la chasse au grillon, même avec le moyen dont tu parles, était largement dépassé...Mais la poésie est partout, sauf chez Freud encore que... mais le vieux machin ne l'a en tout cas pas fait exprès...bisousjean-marie
C
Des tendres amours de jeunesse, il reste de beaux avenirs en rêve, et des souvenirs attendris......Bisous :)
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L
merci, ma chère Clo...pour bien des raisons... compréhensibles... j'aime beaucoup ce texte, non parce que je l'ai écrit mais pour tout ce qu'il évoque d'un âge insouciant...bisousjean-marie
F
C'est très bien écrit ! Et d'émotions si tendres.J'ai l'impression que tes différents style d'écriture se mêlent dans ces vers avec beaucoup d'harmonie.;-)
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L
Merci, ma chère Frederianne d'avoir si bien ressenti ce  texte... j'étais un peu peiné, comme je te l'ai dit parce que pas grand monde n'avait l'air de l'apprécier... et il y a beaucoup de moi dans ce poème, de ma prime adolescence. Tu me rassures si gentiment ! je t'embrasse amicalement jean-marie
N
c'est charmant et bien écrit !
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L
Merci, Chère Lucette...Excuse-moi,  j'étais convaincu d'avoir répondu à ton gentil commentaire mais ma réponse semble avoir disparu... Il y a quelques problèmes avec les commentaires sur OB ces temp-ci...Bien qu'avec un peu de retard, je te remercie, d'autant plus que ce texte n'a pas l'air d'avoir un grand succès et j'en suis navré parce qu'il y a beaucoup de ma lointaine jeunesse là-dedans...merci encore. je vais aller faire un  tour sur ton blog.Amicalementjean-marie