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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Incantations... la goualante de l'espoir


Goualante de la pauvre gisquette à la manière d'y a longtemps...


Véritable complainte à la manière d'avant-hier, d'hier et d'aujourd'hui  et avec refrain en langue plus ou moins verte des Compagnons de Saint Jacques et autres anciens Coquillards pour la fête de la Très Sainte Charité de Notre Gentil Seigneur Jésus-Christ et de Marie-Madeleine.
 

 


 

refrain :


L'était qu'une minable radeuse,
paumée sur son bout d'trottoir.
Ell' tapinait dans les coins noirs
pour pas se montrer, pauvre gueuse.


  ~~~~~~~~~~


Des amateurs, y en a pour tout
mais des michetons y avait pas lerche,
l'était trop moche pour le coup,
quelques tocards sans trop de fraîche.
Au point qu'elle est, elle s'en fout,
la grande perche.
 
La gagneuse a pas eu de bol,
Coups de saton, pas de tendresse.
L'était tombée sur un mariol,
un demi-sel à la redresse
qu'aurait aimé se pousser du col,
se tirer bien fait de sa crasse,
un teigneux vraiment pas joice,
le méchant guignol.



(refrain)
 
C'était la classe trois étoiles,
beaucoup d'artiche affurant.
Dans le temps
l'était pas sale,
bien sapée, passe à dix sacs...
Mais elle eut marre des mandales
que lui refilait son mac.
 
Elle a voulu larguer le jules.
C'te con elle a barré,
sans une thune pour s'racheter.
s'il l'alpague, il la brûle.

 

Tous ces barges, ils ont le droit,
dans le mitan, c'est la loi.

 

Les aminches la coincèrent,
et, vachards, du surin jouèrent...
L'ont balancée au coin d'un bois,
Dans la joue, gravée la croix...
Les affranchis, ils rigolèrent.

 

Ell'creva pas  mais l'avait les foies.
Because le mauvais saccage,
les dos l'enverraient à l'abattage
dans un boxon à crouyas.
C'te môme l'méritait pas.

 
En attendant et sans espoir,
se démanche la pauvre gerce.
L'est connue, la marquée du soir,
mais l'est pas fameux son commerce.


(refrain)

 

Et moi c'te nana, je l'aimais bien.
J'ai pas des cents, j'ai pas des mille
mais j'lai menée loin de la ville.
L'est plus trop belle mais ça fait rien...

 

refrain :


moi,  j'l'aimais  la minable radeuse,
paumée sur son bout de trottoir,
qui tapinait dans les coins noirs
pour pas se montrer, pauvre gueuse.
 
Par malheur m'a filé sa chtouille,
un toubib, gratos, nous a soignés,
ell' d'sa gueule en déroute,
de son chat bien fatigué
et de mézigue la biroute.


On se fout de moi, c'est gagné,
on me prend pour une andouille...
et alors ? m'en bats les couilles.


Nous partageons
comme des frères.
L'est mutilée, moi, j'ai l'air con,
on va sûr faire une paire
d'incroyables vagabonds.

 

Et avec d'autres compagnons
devant l'église le dimanche,
en faisant comme eux la manche,
nous gagnerons bien quelques ronds.


 
Les curetons,
c’est leur grand thème,
nous le disent, main sur le cœur :
Dieu, on le sait, les faibles il aime,
surtout les faibles qui s'aiment.
Plus faible que nous, tu meurs.
C'sera pas toujours le carême
on se tirera du malheur...

 

refrain :

 

l'sera plus la minable radeuse,
paumée sur son coin de trottoir,
qui tapinait dans les coins noirs
pour pas se montrer, pauvre gueuse.)

 


Un jour ici, un jour ailleurs...
Y a des squatts dans la cambrouse,
quatre planches, de la chaleur,
une grange qui sent la bouse,
c'est pas besef, c'est du bonheur.

 

Jamais, plus jamais ma gosse
n'se pointera au turbin.
Des michés, ces maudites rosses,
Ell' croisera plus le chemin.


Y a pas de quoi faire la noce,
mais on a besoin de douceur,
Petites gens, petits bonheurs...

 

(dernier refrain )


texte de jmm...

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D
Bonsoir Jean-Marie,J'aime ce langage des rues, cru et sans fioritures. Ne faisant pas dans la dentelle.....C'est une très belle complainte même si elle raconte des choses pas très reluisantes mais, il faut bien se l'avouer, existent.Continue à nous enchanter de ta belle plume, mon Ami et je t'envoie un plein de tendresse. Douces pensées.Maria
Répondre
L
Merci, ma chère Maria...merci d'apprécier ce texte... c'est un de ceux que je préfère...bien sûr, dans le fond, il n'y a là-dedans rien de bien "convenable"... sinon une recherche d'espoir et de bonheur simples et que l'on peut trouver partout...continue, toi aussi à écrire de si beaux poèmesà bientôtje t'embrasse amicalementjean-marie
M
Ia Orana,Je reviens après ton comment.Bravo!j'avais vu les petites initiales en bas à gauche,mais n'avais pas prété attention.Bravo bluffée,je suis bluffée.J'espère que tu en as d'autres de la même veine!C'est vrai que l'argot est mal vu,mais je trouve au contraire qu'elle donne une image ,une vision détaillée.Il faut connaitre et malheureusement,mon éducation chez les "bonnes soeurs"ne m'a pas familiarisé avec cette langue,mais je trouve cela plaisant et dommage qu'elle soit boudée,snobée.AmitiésMarie-Laure
Répondre
L
merci encore, chère Marie-Laure...Tu es passée chez les bonnes soeurs moi, chez les chers frères (des écoles chrétiennes) puis chez les bons pères (jésuites)... C'est pas eux qui m'ont appris la "langue verte"... on l'apprend "sur le tas", en fréquentant des milieux où l'on risque facilement de perdre son âme... et quelques rares bons auteurs... Tous les argots sont au départ des "codes" professionnels, même de professions hors la loi... Je ne suis pas toujours fier de mes tours et détours...  Ai-je d'autres textes de la même veine ? je ne sais, je vais chercher... De toute façon, j'espère que tu n'abandonneras pas ton maniement remarquable de la langue française ! Lire tes récits est un très grand plaisir pour moi.amicalementjean-marie 
M
Ia Orana,Et bien pour une trouvaille,c'est une trouvaille!Pour être franche j'ai pas tout compris et pour beaucoup de mots j'ai supposé que ....Pas facile ce langage de la rue.Cela date du début du siècle,de quand exactement?Mais c'est très originale de faire "prendre l'air " à une chanson telle que celle ci.Piaf à ses débuts aurait pu chanter cet rengaine,peut-être.AmitiésMarie-Laure
Répondre
L
Bonjour, chère Marie-Laure...merci pour ce que tu me dis, c'est très gentilje voudrais t'apporter quelques précisions, je vais le faire sur ton blog,si tu le veux bien, en particulier te dire que ce texte est de moi et que je l'aime bien...je t'embrasse très amicalementjean-marie
F
J'ai l'impression d'avoir fait un grand voyage ce soir en venant chez toi : je suis vraiment sur une autre planète que celle qui m'est familière ;-) ! Je parle du language, bien sûr, car dans le fond, tout est si réaliste. Le monde n'a changé que de forme(s).Toi, par contre, je trouve que tes écrits innovent dans le genre : ils finissent bien !De belles leçons d'espoir, et de liberté, dans ces deux derniers textes ;-)Je t'embrasse, à bientôt !
Répondre
L
<br /> <br /> Bonsoir, chère Frederianne...<br /> Je suis très touché par ce que tu me dis... ce sont des textes sans prétention, ni véritable volonté de faire passer un message, mais que j'aime bien...<br /> Espoir et liberté oui...  la liberté oui, partout et toujours... l'espoir, chez moi, souvent, trop souvent, fout le camp...<br /> J'avais peur que la langue et les mots puissent choquer mais tu es allée à l'essentiel et je t'en remercie<br /> Je t'embrasse et moi aussi je te dis à très bientôt<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
M
très réaliste et très bien dit !  - on y est complètement .çà touche et rend humble ! oui y'a de l'espoir pour les plus "petits",  il y a quelqu'un de "grand" pour veiller, même si ce n'est pas toujours "évident" !
Répondre
L
Merci, ma chère Melly...je reconnais que j'aime bien ce que j'ai écrit là... même si la langue n'a rien de classique ! malgré des vers un peu boiteux et  une "philosophie "un peu simpliste,  j'ai besoin parfois de penser différemment et j'ai le sentiment que tu l'as compris, merci encore...je t'embrasse amicalementjean-marie