Les Pescalunes – Les pêcheurs de lune
La légende la plus poétique
| Eici li gènt de Lunèu Que toujour n’en fan quaucuno Un jour coume d’estournèu Anèron pesca la luno La luno èro couchado Cresien que s’èro negado Et l’anèron touti pesca Emb’un panié trauca. | Voici les gens de Lunel Qui en font toujours quelqu'une Un jour comme des étourneaux Ils allèrent pêcher la lune La lune était couchée Ils croyaient qu'elle s'était noyée Et ils allèrent la pêcher Avec un panier troué. |
La légende la plus historique... (extrait d’un discours de M. Claude Arnaud, maire de Lunel-en-Languedoc)
"Il était une fois, vers le VIème siècle, un hameau de pêcheurs d'anguilles perdu au milieu d'un marais sauvage et inhospitalier.
Regroupés en confrérie, ces pêcheurs inventèrent une méthode originale de pêche à l'anguille qui proliférait alentours. Pour éviter à cet animal vorace d'avaler l'hameçon, ils eurent l'idée d'appâter le fond d'un panier qu'ils descendaient, attaché à une corde, sur les fonds vaseux des marais.
On sait que l'anguille aime chasser dans l'obscurité des nuits sans lune. Nos rusés pêcheurs surent tirer parti de cette particularité pour ne pêcher l'anguille que lors des nuits les plus sombres, et réaliser ainsi des prises quasi miraculeuses.
Parmi les quelques voyageurs qui osaient s'aventurer en ces lieux, certains furent témoins apeurés de ces pratiques nocturnes qu'ils ne manquèrent pas de colporter. Comme l'époque était, dit-on, fréquemment obscurcie par des nuages et que l'astre nocturne se faisait de plus en plus discret, on en déduisit que les gens des marais l'avaient tout simplement kidnappée dans leur nasse.
Ainsi naquit la légende des pêcheurs de lune, ce qui en occitan donna : les Pescalunes…"
Remarque toute personnelle : les pescalunes sont gens agréables à fréquenter. Je ne suis pas pescalune, c’est un titre de noblesse que l’on n’obtient qu’au bout d’un certain nombre de générations… Je ne l’aurais donc jamais, à moins qu’un jour, à titre honorifique ou posthume… C’est peut-être pour cela, que, par dépit les voisins, Aveyronnais, Gardois… vils manants même d’autres cités héraultaises prêtent ironiquement aux pescalunes des « qualités » qui n’en sont pas vraiment dans leur hypocrisie malveillante : naïveté, simplicité d’esprit, maladresse… "coumo d'estournèu"... Si c’était vrai, j’aurais donc quelque chance d’être un jour adoubé de mon vivant…
Il ya quelques autres histoires qui viennent s'ajouter à celles-là... nous en reparlerons peut-être une autre fois...
Non, blague à part, il fait bon vivre à Lunel, ville qui a beaucoup changé ces dernières années, ville accueillante (trop, ont dit pendant longtemps les mauvaises langues), la quatrième du département par sa population après Montpellier, Béziers, Sète… et surtout près de la mer (et la montagne, le Mont Aigoual, pas très loin...), quasiment à mi-chemin entre Montpellier et Nîmes (une trentaine de km vers l'une ou l'autre)...