JM retrouve de bons souvenirs au fond de sa mémoire... Il y en a de plus amers... Non seulement sa famille était dans une situation bien proche de la pauvreté, mais les dix premières années de la vie de notre ami se déroulèrent dans un cadre de guerre et de sévères restrictions. Pour un jeune enfant, cette notion de pauvreté ne signifie pas grand chose. Elle provoque une incompréhension devant certains faits et, à la longue, l’amertume adoucie par la résignation. La famille de JM s’ingéniait, au prix de gros sacrifices, à fournir aux enfants le nécessaire, la nourriture, les vêtements et un minimum de confort. Mais un gosse de cet âge-là a besoin pour son développement intellectuel de bien d’autres choses, en particulier de jouets, de jeux et un peu plus tard de livres. JM n’a jamais manqué de revues, de bandes dessinées. Son grand-père du côté maternel (mort hélas trop tôt, avant la fin de la guerre), adorait lui faire découvrir les histoires en lui expliquant les illustrations et en essayant maladroitement de lui apprendre à lire. Sa mère allait fréquemment à la bibliothèque paroissiale de prêt et JMavait l’autorisation de feuilleter librement les ouvrages qu’elle en rapportait, impatient de pouvoir enfin déchiffrer l’énigme des lettres et des mots… Les revues de propagande de toute origine et de toute nature étaient généreusement distribuées pendant l’occupation, (détenir certaines d’entre elles présentait un certain risque). A l’église, après la messe on vendait des périodiques, « Le Pèlerin », « Cœur Vaillant », « Fripounet et Marisette »… La famille se faisait un devoir d’en acheter assez régulièrement. Mais le problème des jouets se posa bientôt… et fut imparfaitement résolu. Fêter dignement Noël était un grand souci. Les enfants envoyaient une lettre de « commande » au père Noël, (dans la famille de JM on disait « le petit Jésus »), et ils comptaient bien obtenir satisfaction le 25 décembre… Seulement notre jeune ami avait des idées très arrêtées et il n’aurait pas admis la réticence divine. Un de ses premiers désirs fut « des soldats de plomb »… Impossibilité absolue pendant la guerre, ce genre de métal était introuvable, réquisitionné etc. etc. Il reçut de petites quilles en bois ayant une vague allure humaine, mais rien de martial. Grosse déception et beaucoup d’interrogations.
L’année suivante, même demande et attribution de silhouettes de militaires en carton. Petit progrès mais qui ne fut guère plus apprécié… Ce ne fut que bien plus tard qu’apparurent quelques rares figurines dans une matière dont il ne put déterminer la nature mais dont il se rappelle encore que les couleurs migrèrent très rapidement sur ses doigts et disparurent. Il eut aussi envie d’un « meccano », jeu de construction mécanique assez élaboré et coûteux, il n’en eut qu’un ersatz très simplifié d’une marque inconnue (« Trix ») et dont il ne parvint pas vraiment à réaliser les exemples proposés dans le « mode d’emploi ».
Il voulut un modèle réduit d’avion (et « qui vole » !), il reçut un assemblage très fragile de bois et de papier avec un moteur à élastique, difficile à monter, qui ne vola jamais et se brisa immédiatement.
Quand il fut un peu plus grand, il désira une bicyclette, on lui trouva un vieil engin de Saint-Etienne, tout en courbes (un vélo « de fille ») à « rétropédalage »… Il se demanda, offusqué, où le père Noël (« le petit Jésus ») avait bien pu dégoter une telle pièce de musée, qui lui donna pourtant entière satisfaction car il s’en servit longtemps. La réputation de la marque était confirmée…
La marque… En effet, dès que Jean-Marc sut lire, il distingua les annotations, du style « made in France » et sa croyance en toute intervention magique ou semi-divine (dans l'industrie du jouet...) disparut définitivement. Cette « révélation », fort rationnelle, l’attrista… Un enfant a besoin d’un certain mystère… Tous ces déboires, (qu’il ne fut pas seul à supporter, sa sœur se vit souvent dotée de poupées en chiffon ou de dinettes en carton) ne provoquèrent chez lui aucune ressentiment à l’encontre de sa famille. Quand il recevait ces cadeaux malencontreux, il parvenait à cacher sa déception. Ses parents d’ailleurs, il le savait, auraient aussi aimé posséder certains objets, en particulier un poste de radio. Ils attendirent fort longtemps avant de s’en voir offrir un (une modeste occasion) par un grand-oncle parisien… Souvenirs dérisoires d’une enfance heureuse ?
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Je suis née un peu plus tard que toi et j'ai été gâtée plus que toi, petite, mais ma soif de livres n'était jamais épuisée... Seul mon père travaillait et quand je suis rentrée en 6ème je me<br />
souviens avoir reçu un Gaffio en cadeau de Noël et avoir été très déçue ! Bisous<br />
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tu sais, à cette époque, il était très difficile de gâter les enfants...<br />
surtout dans les familles modestes<br />
la guerre, les restrictions...<br />
mais on ne se plaignait pas vraimenr<br />
oui, les suivants ont eu plus de chance<br />
et c'est heureux<br />
bisous bisous<br />
jean-marie<br />
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bisous bisous<br />
jean-marie<br />
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F
Frederianne
24/12/2008 10:44
Merci de nous laisser nous promener dans tes souvenirs, Jean-Marie, je te lis toujours avec intérêt, c'est une toute autre époque !Chez nous, nous penchons plutôt pour apprendre aux petits que le bonheur n'est pas une question materielle...mais nous ne sommes pas à l'abri des gros désirs impossibles à contenter ! "moi je voudrais aller dans l'espace". Autres temps, mais même moeurs !!Je te souhaite un très bon Noël, et te fais de gros bisous d'amitié ;-)
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Bonjour, ma Chère Frederianne,<br />
je sais bien, tu as raison, le bonheur n'est pas la satisfaction de désirs purement matériels...<br />
c'est certainement pour cela que mes souvenirs ne m'ont pas laissé pas une marque cruelle<br />
ni vraiment d'amertume<br />
au contraire dans le fond...<br />
je te souhaite moi aussi un excellent Noël<br />
et une bonne fin d'année en attendant la prochaine<br />
gros bisous amicaux<br />
bien à toi<br />
jean-marie<br />
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Q
Quichottine
24/12/2008 03:19
Noctambule de temps à autre... mais là, je ne suis pas vraiment raisonnable !Bonne nuit, Jean-Marie. Moi, enfant, j'ai rêvé d'un vélo bleu que je n'ai jamais eu.
Je t'ai lu, et j'ai lu les commentaires que tu as reçu... J'adhère à ce que dit Clo. Nous étions nombreux à la maison...Les filles lisaient "âmes vaillantes" chez nous...et les petits "Perlin Pimpin"... Que de souvenirs !Et je crois que c'est vrai... nous sommes riches aujourd'hui de tout ce qui nous a manqué.passe de belles fêtes de fin d'année, Jean Marie.Tu as vu l'image chez moi, mais j'espère que tu ne diras rien si je la mets ici... Tu vois, j'étais venue t'offrir mes voeux pour ces fêtes de fin d'année... J'espère que tu les passeras entouré de ceux qui te sont chers... <br />
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toujours pas couchée ?<br />
noctambule toi aussi ?<br />
oui, des souvenirs...<br />
avec un peu d'amertume parfois... mais l'âge atténue les regrets<br />
et on ne voit plus que ce qu'il peut y avoir eu d'heureux...<br />
je te remercie pour l'image<br />
elle me ravit et elle ravira mes petits enfants !<br />
bonnes fêtes en attendant la nouvelle année<br />
tous mes voeux...<br />
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gros bisous amicaux<br />
bien à toi<br />
jean-marie<br />
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C
Clo
22/12/2008 11:21
Bonjour Jean-Marie:)Mes grands-parents maternels éaient encore plus pauvres, même avant la guerre. Et le seul "jouet" que ma mère n' aie jamais eu était une poupée en feuille de maïs, fabriquée par son père.Elle en garde un souvenir émerveillé .Quant à ces jeux et jouets que nous avons reçus ma sœur et moi, beaucoup étaient fabriqués par mes parents.J' ai cessé très tôt de croire au PN., mais pas ma sœur et ces cadeaux avaient pour moi une valeur inestimable.Avec l' avalanche de jeux et jouets de maintenant (très souvent des trucs à jouer tout seul) rien pour stimuler l' imagination .... plus de lectures non plus.Offre un livre à un ado et tu verras sa réaction. L' enfant par quintessence est rêveur, et le principe du rêve est son irréalité.Tu as rêvé, tu as été déçu, mais tu as joué.La preuve que ces choses étaient importantes pour toi, car, des années après, tu t' en souviens encore.Gros bisous et bonne journée :)
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Merci, ma chère Clo...<br />
tu as raison, ce sont des souvenirs de ce genre, même parfois amers, qui m'ont marqué...<br />
qui marquent tout le monde ainsi que tu le montres à propos de ta grand-mère et de ta soeur et toi.<br />
tes remarques sur les jouets actuels et la perte de l'envie de lire sont très justes<br />
je t'embrasse amicalement<br />
ainsi qu'Erdinç<br />
bien à toi<br />
jean-marie<br />
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