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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Un autre chemin...

Il y a déjà deux semaines que sa femme l'a quitté enlevant ses deux enfants... 
Quinze jours que  sa vie a basculé dans l'incertitude, le doute, la culpabilité, la haine, la folie, l'horreur... 
Aucune nouvelle.  Ses pauvres recherches totalement vaines. Les amis et les parents très partagés, certains le plaignant, d'autres plus nombreux mettant en cause sa vie quelque peu aventureuse, sa violence, toute verbale au demeurant, sa paresse qui n'empêche nullement sa famille de prospérer ...
Aucune nouvelle sauf une lettre d'avocat l'avertissant qu'une demande de divorce était déposée par son épouse pour des motifs reprenant certaines de ces accusations.
Il a failli y laisser la peau. 
A l'hôpital on l'a sauvé au prix d'efforts condidérables, réanimation, lavage d'estomac, perfusions... sa tentative de suicide n'était pas de la frime. 
Dans sa chambre après un réveil très pénible et les premiers regrets de n'avoir pas réussi, un regain d'énergie le secoue. Il va s'y prendre autrement, faire intervenir des relations influentes,  se remuer beaucoup plus énergiquement. 
Il refuse de croire à la volonté de sa femme de tout couper définitivement. Il se dit que s'il parvient à établir le contact, il saura la convaincre...
Mais il faut quitter l'hôpital et on ne veut pas le laisser partir si tôt. Il est sûr qu'il y aura un message dans son répondeur téléphonique, des lettres dans la boîte... chez lui, là-bas, à une dizaine de kilomètres...
Comment sortir de cet établissement, comment rejoindre son domicile ?
Il attend la nuit,  le calme,  les activités au ralenti, la surveillance quelque peu relâchée... Plus de bruit... de temps en temps une sonnerie lointaine. 
Il se lève, arrache l'aiguille de son avant-bras, quitte la chemise dont on l'a revêtu... L'armoire est presque vide il n'y a qu'un pantalon, une chemisette et des tongs. Il n'y trouve ni les papiers ni les clés de sa voiture... Il ne serait d'ailleurs pas en mesure de conduire. Il s'habille rapidement. On est en juin et il fait chaud. Un vertige le saisit, l'odeur d'antiseptique lui donne la nausée.
Les couloirs sont déserts et toujours silencieux... Il se faufile, se blottit dans les recoins, écoute, ouvre des portes, descend un escalier et se retrouve dans l'obscurité derrière le parking. Personne dans la guérite près de la barrière. Il s'enfuit en courant presque.
Il faut rentrer à pied... Au moins trois heures très pénibles car il est faible. La nuit est assez claire, on y voit suffisamment. Il n'y a guère de circulation sur cette petite route de campagne  et il lui est facile de se cacher quand survient une voiture. Les tongs s'usent rapidement et les pieds lui font mal.
Il arrive enfin devant sa maison très isolée. Tout est soigneusement fermé, verrouillé. Les voisins qui l'ont découvert inanimé  ont bien fait les choses. Il s'attaque à un volet maintenu  de l'intérieur par une barre de bois pivotante qui vient se caler dans des équerres métalliques. Il trouve une très grosse pointe de fer, une sorte de burin, dans le hangar contigu... Il l'introduit entre les deux vantaux et il appuie de toutes ses forces. Il s'arrête, reprend, c'est long... mais la barre de bois prend du jeu, craque. Le bois et le boulon cèdent d'un coup... Il tombe en arrière et la haie de fusain le retient.
Le volet est enfin ouvert.
Il casse une vitre et tourne l'espagnolette.
Il est entré, il a réussi...
La fatigue, les médicaments, l'excitation, l'abstinence, tout cela le saoule et provoque chez lui une réaction brutale et surprenante : une érection soudaine, incontrôlable... un attouchement, un frisson et le plaisir indicible qui l'envahit, qui l'inonde. 
Un cauchemar, un rêve ? 
Il s'effondre sur le carrelage. Il reste là abasourdi, anéanti... Petit à petit il reprend ses esprits. Il se relève lentement. Il commence à peine à comprendre : la pénétration, l'acte d'amour...
Il a violé un sanctuaire, une intimité...
Peu importe que ce soit sa propre maison... Il ne s'en souvient presque plus. Il a franchi une barrière, une étape décisive... il n'y aura pas de retour.
Il voit son avenir, il ne pourra jamais renoncer à ce bonheur immense. Il veut le connaître à nouveau... Tout le reste qui lui paraissait si important il y a quelques heures disparaît dans une sorte de brouillard. Il ne pense à rien. Seules quelques idées confuses atteignent sa conscience avant qu'il ne s'écroule à nouveau.
Pénétrer, forcer, c'est aimer.
Dans l'inconnu ce sera bien meilleur
Il sera cambrioleur. 

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É
<br /> <br /> Bonjour Jean-Marie. Tu devrais écrire un roman car tu sais tenir tes lecteurs en haleine. Je suis sincère en te disant cela. Ta nouvelle est prenante.<br /> <br /> <br /> Bisous<br /> <br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> c'est très gentil, ce que tu me dis, ma chère Brigitte<br /> merci infiniment<br /> je sais que tu es sincère !<br /> tu sais, j'y ai pensé souvent mais... la flemme, la peur des démarches<br /> je suis naturellement velléitaire<br /> mais un jour ou l'autre je me déciderai...<br /> merci de ton encouragement !<br /> gros bisous bisous<br /> jean-marie<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
J
Métaphore ou pas, la chute est magnifique.Retour à la lumière ou descente aux enfers, that is the question ???Qu'importe, l'essentiel c'est se tourner vers quelque chose lorsque l'on est face au mur...La morale n'est pas le but de cet écrit dont je ne retiendrai que la mise en évidence d'un second parcours tiré sur des antécedents...Gros bisous mon J.M,Tite Jyckie.
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L
merci, ma Jyckie...tu sais  que si j'ai pris goût à ce genre et si j'arrive à m'en sortir, c'est grâce à toi, à tes conseils à tes exemples mais je suis encore loin du modèle...Je t'embrasse,ma JyckieTon ami j'm
F
Admirative, Jean-Marie, cette chute est très originale, et la démarche intérieur de l'homme très bien écrite.Et puis c'est vrai, le desespoir, la fatigue, font parfois naître des pensées extrêmes, comme des "déclics".Bises
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L
Merci, ma chère Frederianne... Il y du vécu, là-dedans mais la fin relève d'une semi-folie...  Je laisse le lecteur en plan mais je crois que l'histoire de la famille ne compte plus vraiment...  "l'expérience" du personnage est la seule chose qui m'importait.j'avais peur que ça ne passe pas bien... et tu me rassuresmerci encorebizousjean-marie  
C
Chute inattendue entre la détresse de cet homme, sa résurrection et sa décision euh..... professionnelle. " Pénétrer, forcer c' est aimer "Je trouve que cette phrase est assez ambigue, sauf dans l'esprit du héros.Belle histoire.J' aimeBisous et bonne journée :)
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L
Merci, chère Clo...Tu as raison, il ne faut juger qu'à travers la folle vision du "héros"...bisousjean-marie
S
Ba tient, pourquoi pas. Soirée bonne.      
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L
ben oui, chère Sèv... tout peut arriver avec un peu d'imaginationmerci pour ton passagebises amicalesjean-marie