petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours
Au turf...
Je suis tombé sur cette information par hasard... premier hasard pour cette modeste histoire...
Ce soir, ici, le mot "turf", c'est pas l'argot pour dire boulot ou prostitution.
Bonne gens qui avez des difficultés pour vous payer une bagnole... souvent pour aller au boulot, justement... elles sont si chères ces tas de ferrailles... dites-vous bien qu'il y des chevaux qui valent plus cher encore...
La vente annuelle de yearlings (chevaux pur-sang d'un an) se tient à Deauville en ce moment même.
« L'acquisition de tels chevaux n'est pas réservée à une élite puisque la plupart ont été acquis entre 30.000 et 80.000 euros » a déclaré (sans rire) un organisateur... mais certains (chevaux, pas organisateurs, connais pas leur prix) peuvent se vendre jusqu'à 750 000 euros... la moyenne par animal tourne cette année autour de 83 000 euros... Bien sûr, c'est pas des chevaux destinés à la boucherie chevaline du coin.
Incidemment, j'avoue être partisan de l'interdiction de la vente de viande de "la plus noble conquête de l'homme", comme ils disent, les beaux messieurs. Je ne suis pas du tout végétarien (mais je comprends de plus en plus cette attitude devant les traitements que l'on fait subir aux animaux de boucherie, aussi bien dans les abattoirs que pendant le transport...) mais je suis fondamentalement carnassier. C'est ma culture, et c'est pas à mon âge que je vais en changer bien que je me régale de plus en plus souvent de poissons et d'oeufs mais mon problème moral n'est pas résolu pour autant. Alors pourquoi mettre à part les chevaux ? La barbaque des bourrins n'a aucun goût, alors ça sert à quoi d'envoyer à la mort prématurée une espèce animale supplémentaire (il y en a déjà bien assez comme ça) et qui n'apporte rien de plus ni sur le plan gastronomique ni sur le plan sanitaire ? Raisonnement simpliste ? et après ?
Revenons à nos moutons, pardon, à nos yearlings, enfin pas tout de suite...
Deuxième hasard dans l'histoire : hier, accidentellement, j'ai eu le bulletin de salaire de mon fils sous les yeux, mes yeux éberlués... Mon fils, (technicien supérieur en électronique et en informatique, obligé souvent de prendre des initiatives dans le domaine commercial ou administratif) gagne à peine un peu plus que ce qu'on appelait SMIC... (sais plus si ça existe toujours cette farce sociale)...
Je sais, aucun rapport entre les deux faits... Deux mondes sans commune mesure, sinon dans mon esprit fatigué...
Je suis, de plus en écrivant tout ceci, bien conscient que j'enfonce des portes ouvertes. Il y a eu tant de grands livres sur la réalité économique, tant de grandes théories, tant d'expériences et d'échecs retentissants que, semble-t-il, on en arrive à considérer ces faits comme naturels, qu'il vaut mieux ne pas en parler, comme des fameux "parachutes" financiers bien dorés pour grands patrons déchus, sinon pour se scandaliser à bon compte quelques instants... Je suis loin de virer une nouvelle fois ma cuti politique, de redevenir le révolutionnaire en peau de lapin que je fus jadis, non, j'écris une petite histoire personnelle... c'est tout...
Comme je n'en suis pas à une ou deux contradictions près et comme il vaut peut-être mieux en rire (pas évident car il y aura mort d'animal) je déclare solennellement que, si par hasard (un de plus) je gagne assez de fric au loto, ou pourquoi pas, c'est plus marrant, au "quinté +", je vais acheter un de ces cannassons de course et je le bouffe... pas tout seul, je vous invite...
Bien sûr que je plaisante.