petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours
Pour reprendre le récit plus ou moins romancé de la vie de Jean-Marc, il faut aller dans la catégorie-rubrique "autobiographie"... (affabulations de I à X)
Après son modeste « exploit » électoral, Jean-Marc se trouva fort occupé. A la mairie, il n’avait pas voulu solliciter un poste d’adjoint (il n’était pas question de susciter des polémiques au sein de la nouvelle équipe). Sa profession lui laissant relativement plus de temps libre, et grâce à sa facilité d'écriture de textes courts et incisifs, ses collègues lui abandonnèrent volontiers la responsabilité du bulletin municipal que l’on s’était engagé, au cours de la campagne électorale, dans un très louable souci de « transparence » à faire paraître mensuellement. Le pari fut tenu et les gens du village y attachèrent bientôt un grande importance. Jean-Marc ne fut pas le seul à y écrire mais la tâche se révéla fort prenante… Les réunions du conseil municipal furent très fréquentes au début, comme les concertations officieuses et les assemblées du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple. Il fut souvent chargé de mettre en forme les comptes-rendus… Les secrétaires récemment recrutées devinrent de plus en plus efficaces mais Jean-Marc, par ses conseils, collabora toujours assez étroitement à leurs activités. Il participa aussi à bien des commissions spécialisées…
C’est à cette époque qu’il se lança dans l’apprentissage de l’informatique, et, ne faisant jamais rien à demi, il se passionna pour cette technique, relativement nouvelle. Dans le cadre de l’éducation nationale il devint membre d’une association qui avait pour but de promouvoir l’utilisation des micro-ordinateurs dans l’enseignement. Il ressentit souvent un certain ostracisme à son égard, les profs n’ayant pas oublié ses prises de position politiques… mais devant sa persévérance, et grâce à l’amitié de quelques-uns d’entre eux, il faut le reconnaître, la situation s’améliora rapidement.
Vie professionnelle, « municipale », informatique, participation à la Formation Continue des salariés de diverses entreprises... judo, tout cela eut un certain retentissement sur sa vie familiale qui s’en trouva sérieusement perturbée. Il se reproche encore souvent d’avoir été négligent dans les rapports avec ses enfants. Sa femme supportait mal ses absences de plus en plus nombreuses. Ils vivaient dans une petite ferme isolée comprenant des champs, des bois, des prés et des dépendances, un achat réalisé peu après leur arrivée dans la région. Beaucoup de travaux d’entretien étaient nécessaires et Jean-Marc n’avait pas le temps de s’en occuper. Sa femme réagit vivement, la situation se détériora et la rupture fut évitée de justesse…
En 1986, la droite « modérée » (républicaine disaient certains) revint au pouvoir, avec une très courte majorité à l’assemblée nationale. Le Front National obtint un bon résultat et put constituer un groupe parlementaire. Jacques Chirac fut nommé 1er ministre. Le mode de scrutin proportionnel imposé à l’occasion par Mitterrand fit que dans le département de Jean-Marc, pourtant un des plus « à gauche » de France, un député de droite soit élu. Un homme de qualité, futur ministre, avec lequel notre ami eut d’excellentes relations. En plus des autres activités, Jean-Marc se chargea de lui faire découvrir la réalité profonde de la circonscription et l’accompagna dans ses visites aux électeurs… Bien qu’ayant de la proche famille dans le département, le nouveau député avait fait carrière et vécu dans la région parisienne. Naturellement ses adversaires avaient beau jeu d’évoquer son « parachutage »… Ils ne s’en privaient pas. La situation paraissait favorable mais l’expérience déplorable de cette première « cohabitation » tourna très vite à la catastrophe pour une droite velléitaire et coincée…
Jean-Marc fut dérouté et dégoûté par ces accommodements continuels, les compromis stériles, le refus de la nouvelle majorité de tenir compte de l’appoint occasionnel qu’aurait pu fournir le Front National si n’avait pas été maintenu contre lui un acharnement imbécile et suicidaire…
Tout fut consommé en 1988 quand Jacques Chirac perdit nettement la présidentielle, quand une nouvelle majorité de gauche arriva au Palais Bourbon. Le député de droite du département, sentant le vent tourner avec le retour du scrutin uninominal à deux tours, et estimant (à juste titre) qu’il n’avait plus aucune chance dans le département, avait rejoint des cieux plus cléments…
Un changement de règles et le tour est joué.
Jean-Marc n’eut désormais plus grand respect pour le suffrage universel puisque de telles magouilles parfaitement légales pouvaient jouer un si grand rôle… Ceci joint aux possibilités offertes par le découpage, le « charcutage » des circonscriptions, sa méfiance se transforma en véritable mépris. Mépris pour le spectacle médiatique, le cirque publicitaire, les prétendus sondages d'opinion, les trucages, le racket, le chantage sous toutes ses formes, la corruption, l'argent gaspillé, le temps perdu à l'occasion des campagnes électorales (surtout présidentielles)... pas tout à fait un retour à mai 68... Pourtant le slogan "élections, piège à cons" hantait à nouveau son esprit
Peut-être est-ce de cette époque que date son attrait pour la Monarchie… Douteux, bien d'autres éléments de réflexion intervinrent ensuite. A peine un point de départ.
En même temps, dans sa vie, se produisirent un changement professionnel important et un bouleversement familial… Changement d'Académie d'abord puis de "métier"...
Après trente ans de professorat, Jean-Marc se rendit compte que, si l'informatique pédagogique lui avait permis de sortir des sentiers battus (ainsi que sa participation importante à des actions de Formation Continue pour adultes), il n'avait plus, dans l'enseignement des disciplines littéraires, ni le goût, ni l'envie de continuer... Il n'avait, croyait-il, rien de nouveau à apporter aux élèves. Il devait trouver autre chose, changer, lui aussi, d'orientation... Il présenta sa candidature au concours de Personnel de Direction. Il fut admis assez facilement, grâce, en partie, à l'épreuve d'informatique. Sa reconnaissance envers Jean-Lou, son ancien formateur, en fut d'autant plus grande... Quand il fut nommé à la direction d'un collège (activité qu'il trouva passionnante), ses connaissances le servirent encore et lui permirent de jouer un rôle assez important car l'informatisation dans la gestion de l'Education Nationale se développa très rapidement à tous les niveaux : saisie des notes par les enseignants, rédaction des bulletins trimestriels, confection des emplois du temps, amélioration du fonctionnement des Centres de Documentation et d'Information, communication avec l'Administration, les organisations partenaires, les collectivités... internet...
La politique perdit pour lui beaucoup de son intérêt. Il quittait un monde mesquin par la petite porte.
Il ne se représenta pas aux municipales de 1989, se refusa désormais à adhérer à quelque Parti que ce soit...
Il s’éloigna sur la pointe des pieds…