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petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours

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Affabulations - IX - Militant mais...


Petites aventures d’un militant

 
  De 1981 à 1988 Jean-Marc eut une activité politique relativement importante… plus qu’à n’importe quelle autre période de sa vie. Il participa directement à la rédaction du mensuel local du R.P.R. Il eut l’honneur d’en écrire l’éditorial (*) après les élections municipales de Dreux, élections qui virent la victoire de la droite «modérée» alliée au Front National. Il parcourut les campagnes pour recueillir des abonnements, il rendit visite aux artisans et petits industriels afin de vendre des emplacements pour encarts publicitaires.
  Jean-Marc eut la chance d’être fermement soutenu par le secrétaire départemental du mouvement, enseignant, chef d’établissement avec lequel il noua des liens amicaux. Il eut besoin de ce soutien après la parution de l’éditorial car certains, à l’intérieur même du Mouvement, crurent y déceler des relents «d’extrême droite». Alors, bien sûr, la gauche du coin redoubla d’acharnement contre lui ! Il ne se sentit point gêné par ces soupçons et à partir de là, en évitant les provocations, il se rapprocha du parti de Jean-Marie Le Pen, ou du moins, se retrouva de plus en plus souvent sur la même «longueur d’onde».
  Lors de  la deuxième édition des élections européennes au suffrage universel (la première datait de 1979), il eut le tort de laisser entendre qu’il avait voté en faveur de la liste du Front National. Mais il n’était pas question de quitter le mouvement gaulliste. Dans sa naïveté, son manque d’expérience lui laissait croire en un possible rapprochement entre les deux formations. Il devint un lecteur assidu de  «Minute» de François Brigneau, sans être absolument d’accord avec toutes les options de l’hebdomadaire…
  En 1983, eurent lieu des élections municipales très importantes (importantes, aussi bien localement qu'au niveau national). Jean-Marc y participa activement et eut la main heureuse… Il vivait alors dans un village de 900 habitants mais c'était un chef-lieu de canton dans un département peu peuplé (la ville la plus importante n’avait guère que 15 000 habitants). Ce village était dirigé par une municipalité de gauche depuis assez longtemps. Le maire, âgé, décida de se retirer. Tout le monde croyait que le premier adjoint, un petit industriel de très bonne réputation, lui succèderait naturellement. C’était compter sans l’imbécillité des socialistes du cru. Cet homme avait, à leurs yeux un défaut rédhibitoire : il n’était pas «encarté»  au PS. Ils allèrent chercher un candidat bon teint (membre de l’éducation nationale…) qui ne résidait pas au village mais au chef-lieu départemental. Les gens  ressentirent cette démarche comme un véritable affront... 
  Jean-Marc (qui avait l’impression d’en avoir assez fait comme ça… et installé au village depuis une date trop récente) n’avait pas l’intention de s’en mêler. Devant l’exaspération des villageois, il changea d’attitude et, à titre personnel, mais avec l'accord du secrétaire départemental du RPR, il alla trouver l’adjoint, pour lequel il avait beaucoup d’estime, et essaya de le convaincre de constituer une liste et d’en prendre la tête. Fort honnêtement, l’autre refusa tout d’abord, en expliquant qu’il avait des convictions et qu’il ne voulait pas les trahir. Jean-Marc fut malgré tout persuadé que l’homme était blessé, humilié, et que son refus n’était pas définitif. Il en parla autour de lui et constata que beaucoup pensaient de même. Commerçants, artisans, paysans prirent le relais. Quand la gauche fit paraître la liste des candidats, ce fut la consternation : tous les « bras cassés » du village, les «incapables» s’y retrouvaient, avec le renfort de quelques prétendus étudiants des facultés toulousaines et, surtout, provocation suprême dans un contexte encore très rural, cette liste ne comportait aucun nom d'agriculteur…  
L’adjoint se décida enfin, prit la tête d’une « liste d’entente » (le mot union avait trop de connotations de gauche), dont Jean-Marc faisait partie et qui fut triomphalement élue en entier… Un bastion socialiste, un chef-lieu de canton venait de tomber. Ce n’était pas une victoire de la droite, les opinions étaient trop diverses au sein de la nouvelle équipe pour affirmer qu’un camp avait gagné. Mais la politique bassement politicienne avait subi un rude échec. Il faut reconnaître que les dirigeants socialistes influents, lucides avaient prévu cette fin et qu’ils n’avaient pas apporté un soutien très actif à la liste de la gauche officielle. Le maire restait « à gauche » mais l’équipe fonctionna dans l’ensemble plutôt bien et les promesses électorales furent rapidement concrétisées, à la satisfaction générale…

   « Much ado about nothing » ? Peut-être… Peu de chose, en effet…
  L’histoire d’un individu sans grande importance est faite de ces petits riens... Et la Grande Histoire : les petits ruisseaux font etc. etc. ?
  bof...
  Font trois petits tours et puis s’en vont...
   

   Le nouveau maire et Jean-Marc avaient des raisons supplémentaires et personnelles de se réjouir : malgré  leur "retournement de veste", leur "trahison", ils avaient tous deux été élus au premier tour, avec, coïncidence,  exactement le même nombre de suffrages pour chacun... Ils avaient craint,  en effet les "coups de crayon " que permet, dans les petites communes, le système du "panachage"... Il faut ajouter, tout de même qu'ils n'avaient dépassé que de très peu la majorité requise au premier tour mais cela leur permettait de vérifier leur popularité...

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