petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours
après Mishima et Baudelaire, la suite de "de tag en tag", ma liste des 15 écrivains les plus influents dans ma vie...
Pourquoi Milosz ?
« Milosz, c’est le plus beau cadeau que l’Europe ait fait à la France », dira le poète Paul Fort.
Quand j'ai lu " Miguel Mañara" pour la première fois, il s'est passé quelque chose d'étrange...
d'abord une impression de déjà vu
et puis soudain, l'éblouissement des mots
J'écris... mais je crois que je n'arriverai jamais à transmettre ce que je ressens...
au point que j'en suis à me demander s'il n'existe pas pour une oeuvre littéraire l'équivalent de ce que l'on appelle par ailleurs un "coup de foudre"...
ils seront sans doute rares hélas, ceux qui, après avoir lu mes pauvres phrases auront envie de connaître Milosz plus avant et de lire "Miguel Mañara"...
tant pis..
Qui est Milosz ?
Oscar Vladislas de Lubicz Milosz est né en « Lituanie historique », en 1877 aujourd’hui en Biélorussie (ou Belarus), territoire qui avait jadis fait partie du Grand-Duché de Lituanie.
Son père est un grand seigneur lituanien sa mère est une fille de bonne famille de la bourgeoisie juive de Varsovie
Milosz passa la plus grande partie de sa vie en France. A onze ans, il arrive à Paris, il fait ses études au Lycée Janson-de-Sailly puis à l’École du Louvre. Il meurt à Fontainebleau en 1939.
Il acquit la nationalité française et choisit le français comme langue d'écriture...
Il fut romancier, dramaturge, métaphysicien (les Arcanes), diplomate (représentant éphémère de son pays soumis au puissant voisin), traducteur (Faust...).
Et poète…
voici le plus célèbre de ses écrits à propos d'un cimetière mystérieux de Norvège, dans une île déserte, où l'on enterrait autrefois les malfaiteurs et les suicidés rejetés hors de la communauté chrétienne par la justice ecclésiastique, comme les étrangers victimes de naufrages :
Tous les morts sont ivres de pluie vieille et sale
Au cimetière étrange de Lofoten.
L'horloge du dégel tictaque lointaine
Au cœur des cercueils pauvres de Lofoten.
.
Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chair humaine;
Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant
Le sommeil est doux aux morts de Lofoten.
Je ne verrai très probalement jamais
Ni la mer ni les tombes de Lofoten
Et pourtant c'est en moi comme si j'aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine.
Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines,
Au cimetière étranger de Lofoten
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux,
Vraiment, dites-moi, dormez-vous, dormez-vous?
- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d'argent est pleine,
Des histoires plus charmantes ou moins folles;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.
Il fait bon. Dans le foyer doucement traîne
La voix du plus mélancolique des mois.
- Ah ! les morts, y compris ceux de Lofoten -
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi...
Puis Milosz plonge dans le passé,
il y découvre Don Quichotte, Byron
puis Don Juan
"Don Juan, le maigre cavalier aux éperons d'or..."
et rencontre le personnage historique sous le mythe :
don Miguel Mañara Vincentelo de Leca,
Miguel Mañara...
Milosz des derniers temps de la vie de cet homme va faire une pièce de théâtre,
plus exactement un "Mystère en six tableaux"
don Miguel Mañara Vincentelo de Leca,
A suivre...